{"id":693,"date":"2013-05-21T10:35:39","date_gmt":"2013-05-21T09:35:39","guid":{"rendered":"http:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/?p=693"},"modified":"2013-06-21T10:48:01","modified_gmt":"2013-06-21T09:48:01","slug":"mediterranee-y-a-t-il-des-especes-qui-disparaissent","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/?p=693","title":{"rendered":"M\u00e9diterran\u00e9e : y a-t-il des esp\u00e8ces qui disparaissent ?"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Un peu partout dans le monde, sur terre comme en mer, des esp\u00e8ces disparaissent, du fait de l&rsquo;homme. Et qu&rsquo;on ne nous dise pas \u00ab\u00a0c&rsquo;est la loi de la nature, les dinosaures ont bien disparu\u00a0\u00bb : la crise actuelle est sans commune mesure, par sa rapidit\u00e9, avec ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 au cours des temps g\u00e9ologiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Ces esp\u00e8ces qui disparaissent<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les esp\u00e8ces qui disparaissent, on les localise volontiers en Amazonie, \u00e0 Java, ou en Afrique. Pourtant, pour ce qui est des menaces sur la biodiversit\u00e9, l&rsquo;Amazonie commence \u00e0 la sortie du Vieux-Port, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 nos portes. Le phoque moine et l&rsquo;arap\u00e8de g\u00e9ante ont disparu de notre littoral, des dizaines d&rsquo;esp\u00e8ces y sont devenues si rares que leur avenir semble incertain. Parmi elles il y a des esp\u00e8ces qui sont \u00e9troitement associ\u00e9es \u00e0 notre imaginaire affectif, sans que les menaces qui p\u00e8sent sur elles soient per\u00e7ues en dehors du cercle restreint des sp\u00e9cialistes. Et que sait-on de l&rsquo;immense cohorte des \u00ab\u00a0sans grade\u00a0\u00bb, ces centaines d&rsquo;esp\u00e8ces\u00a0 dont on ignore la situation, faute de donn\u00e9es pr\u00e9cises ? Car notre M\u00e9diterran\u00e9e est peut-\u00eatre plus mal connue que la face cach\u00e9e de la Lune &#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La disparition d&rsquo;une esp\u00e8ce est une perte irr\u00e9m\u00e9diable, m\u00eame quand on ne sait pas tr\u00e8s bien en mesurer toutes les cons\u00e9quences. C&rsquo;est la disparition d&rsquo;un \u00e9l\u00e9ment de notre patrimoine commun, d&rsquo;une \u0153uvre d&rsquo;art en quelque sorte. C&rsquo;est la disparition d&rsquo;un maillon peut-\u00eatre essentiel dans les m\u00e9canismes complexes et encore mal connus qui gouvernent la nature. C&rsquo;est enfin, on le d\u00e9couvre aujourd&rsquo;hui, une perte \u00e9conomique dont le co\u00fbt sera pay\u00e9 \u00e0 cr\u00e9dit, non seulement par nous m\u00eame, mais par les g\u00e9n\u00e9rations \u00e0 venir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout est perdu ? non ! sous le charabia des Conventions internationales, le fatras des organismes nationaux et internationaux en charge de l&rsquo;environnement, la langue de bois des d\u00e9clarations d&rsquo;intention et les textes de loi non appliqu\u00e9s, il n&rsquo;est pas rare qu&rsquo;\u00e9merge une petite lumi\u00e8re : il se passe quelque chose.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Les dinosaures ont disparu&#8230;<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les disparitions d&rsquo;esp\u00e8ces constituent un ph\u00e9nom\u00e8ne naturel. On consid\u00e8re qu&rsquo;une esp\u00e8ce vit en moyenne 4 millions d&rsquo;ann\u00e9es. Au total, 2 milliards d&rsquo;esp\u00e8ces auraient v\u00e9cu sur le terre depuis l&rsquo;origine de la vie, il y a 3.7 \u00e0 3.8 Ga (Ga = Giga ann\u00e9e = milliard d&rsquo;ann\u00e9es).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Toutefois, dans l&rsquo;histoire de la Terre, les disparitions d&rsquo;esp\u00e8ces ne se sont pas produites r\u00e9guli\u00e8rement, mais avec des p\u00e9riodes de forte acc\u00e9l\u00e9ration (\u00ab\u00a0<strong>crise<\/strong>s\u00a0\u00bb) et de ralentissement. On a recens\u00e9 17 crises. Les crises les plus spectaculaires sont la crise de <strong>la fin de l&rsquo;Ordovidien<\/strong> (438 Ma) ( Ma = million d&rsquo;ann\u00e9es), de<strong> la fin du D\u00e9vonien<\/strong> (370 Ma), de<strong> la fin du Permien<\/strong> (250 Ma ; la plus grave : 77 \u00e0 96% des esp\u00e8ces ont disparu), de <strong>la jonction Trias-Jurassique<\/strong> (215 Ma) et enfin <strong>la crise Cr\u00e9tac\u00e9-Tertiaire<\/strong> (65 Ma ; disparition du tiers de la biodiversit\u00e9 d&rsquo;alors, dont les dinosaures).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On d\u00e9signe sous le nom de <strong>pal\u00e9o-extinctions<\/strong> les disparitions d&rsquo;esp\u00e8ces naturelles, qui se sont produites au cours de l&rsquo;histoire g\u00e9ologique de la terre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L&rsquo;homme est \u00e0 l&rsquo;origine d&rsquo;une nouvelle crise<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette nouvelle crise, due \u00e0 l&rsquo;homme, a commenc\u00e9 au Pl\u00e9istoc\u00e8ne ; les chasseurs du Pal\u00e9olithique ont jou\u00e9 un grand r\u00f4le dans l&rsquo;extinction d&rsquo;une grande partie de la faune de Vert\u00e9br\u00e9s ; cette action se poursuit, puisqu&rsquo;au cours des 4 derniers si\u00e8cles, il a disparu en moyenne une esp\u00e8ce de Vert\u00e9br\u00e9 tous les 2.7 ans.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au total, 100 esp\u00e8ces dispara\u00eetraient chaque jour. On estime que le rythme des extinctions est aujourd&rsquo;hui <strong>100 \u00e0 1000 fois plus rapide<\/strong> que le taux \u00ab\u00a0naturel\u00a0\u00bb. Cette crise serait m\u00eame, selon d&rsquo;autres auteurs, la plus grave qu&rsquo;ait connu la terre, avec un rythme d&rsquo;extinctions\u00a0<strong>20 \u00e0 10 000 fois <\/strong>sup\u00e9rieur (selon que l&rsquo;on se base uniquement sur les esp\u00e8ces effectivement connues, ou que l&rsquo;on y ajoute les esp\u00e8ces qui restent \u00e0 d\u00e9couvrir) \u00e0 ce qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 au cours des crises g\u00e9ologiques. Les extrapolations \u00e0 partir des tendances actuelles aboutissent \u00e0 une\u00a0<strong>disparition de 5 \u00e0 15 % de l&rsquo;ensemble des esp\u00e8ces du globe<\/strong> (y compris celles qui ne sont pas encore d\u00e9crites) d&rsquo;ici \u00e0 2020 ;\u00a0 certains \u00e9cologistes avancent que la moiti\u00e9 des esp\u00e8ces (tout au moins dans certains groupes) pourraient dispara\u00eetre d&rsquo;ici la fin du 21\u00b0 si\u00e8cle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On d\u00e9signe sous le nom de\u00a0<strong>n\u00e9o-extinctions<\/strong> les disparitions d&rsquo;esp\u00e8ces dues \u00e0 l&rsquo;homme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Quelques d\u00e9finitions<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On peut classer les esp\u00e8ces en cinq cat\u00e9gories : <strong>(i) \u00e9teintes<\/strong> (= disparues) ; on consid\u00e8re qu&rsquo;une esp\u00e8ce est (probablement) \u00e9teinte quand elle n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 revue depuis au moins 50 ans ; <strong>(ii) \u00e9teintes dans la nature<\/strong> (ne subsistent que dans des zoos, des jardins botaniques, des collections de graines, etc.) ; <strong>(iii) menac\u00e9es<\/strong> (avec trois degr\u00e9s : en danger, vuln\u00e9rables, rares) ; <strong>(iv) en situation normale<\/strong> ; <strong>(v) insuffisamment document\u00e9es <\/strong>lorsque l&rsquo;on ne dispose pas de donn\u00e9es pour les placer dans l&rsquo;une des cat\u00e9gories pr\u00e9c\u00e9dentes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les esp\u00e8ces menac\u00e9es sont :<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li>en danger quand elles ont disparu d&rsquo;une grande partie de leur aire d&rsquo;origine et que leur effectifs sont r\u00e9duits \u00e0 un niveau critique. Elles sont menac\u00e9es de disparition si les causes de leur d\u00e9clin continuent d&rsquo;agir.<\/li>\n<li>vuln\u00e9rables si leurs effectifs ont fortement diminu\u00e9.<\/li>\n<li><strong>rares<\/strong> si leurs effectifs sont naturellement faibles, ou leurs stations naturellement tr\u00e8s localis\u00e9es, ce qui les expose \u00e0 des risques : un petit nombre d&rsquo;am\u00e9nagements, des accidents (pollution) m\u00eame localis\u00e9s, peuvent en effet les faire passer rapidement dans la cat\u00e9gorie des esp\u00e8ces en danger.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/chouette_geante.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-705 aligncenter\" alt=\"chouette_geante\" src=\"http:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/chouette_geante.jpg\" width=\"203\" height=\"138\" \/><\/a>Fig. 1 : La chouette g\u00e9ante de Cr\u00e8te\u00a0<em>Athene cretensis<\/em>\u00a0 d\u00e9passait 60 cm de hauteur et ne pouvait pratiquement pas voler. Elle a disparu il y a environ 6 000 ans.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>Sur <\/strong><strong>terre&#8230;<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le domaine continental, on sait de fa\u00e7on certaine que de nombreuses esp\u00e8ces ont disparu du fait de l&rsquo;homme depuis le Pal\u00e9olithique (grands herbivores, grands carnivores), ou plus r\u00e9cemment lors du peuplement des \u00eeles oc\u00e9aniques (oiseaux) ; par exemple, en France, 9 esp\u00e8ces de Vert\u00e9br\u00e9s terrestres ont disparu. L&rsquo;aurochs <em>Bos primigenius<\/em> \u00e9tait pr\u00e9sent en Gaule \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque romaine ; le dernier aurochs est mort en Pologne en 1627. On peut citer \u00e9galement le lapin-rat de Corse, l&rsquo;\u00e9l\u00e9phant nain de Sicile et la chouette g\u00e9ante de Cr\u00e8te (Fig. 1, 2, 3).<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/elephant_nain.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-706\" alt=\"elephant_nain\" src=\"http:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/elephant_nain.jpg\" width=\"213\" height=\"251\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Fig. 2 : L&rsquo;\u00e9l\u00e9phant nain de Sicile\u00a0<em>Elephas falconeri <\/em>ne mesurait que 60 cm au garrot. Il a disparu il y a environ 2 500 ans.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/lapin_rat.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-712 aligncenter\" alt=\"lapin_rat\" src=\"http:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/lapin_rat.jpg\" width=\"131\" height=\"125\" \/><\/a>Fig. 3 : Le lapin-rat\u00a0\u00a0<em>Prolagus corsicanus<\/em> vivait en Corse. Une esp\u00e8ce voisine occupait la Sardaigne. Les deux esp\u00e8ces, activement chass\u00e9es depuis le N\u00e9olithique, ont disparu vers 1780.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>&#8230; et en mer<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Contrairement au milieu terrestre, on consid\u00e8re g\u00e9n\u00e9ralement que\u00a0<strong>peu d&rsquo;esp\u00e8ces ont disparu en milieu marin<\/strong> : la quasi-totalit\u00e9 des\u00a0<strong>588 esp\u00e8ces disparues<\/strong> du fait de l&rsquo;homme (selon un recensement datant de 1993). sont des esp\u00e8ces continentales. Le cas le plus spectaculaire en milieu marin est celui de la Rhytine de Steller\u00a0<em>Hydrodamalis gigas<\/em> (Pacifique nord-am\u00e9ricain ; Fig. 4) ; c&rsquo;est \u00e9galement le cas d&rsquo;une patelle qui vivait dans les herbiers de\u00a0<em>Zostera marina<\/em> de l&rsquo;Atlantique am\u00e9ricain (<em>Lottia alveus<\/em> var. <em>alveus<\/em>), vue pour la derni\u00e8re fois en 1929, de l&rsquo;hu\u00eetre portugaise\u00a0<em>Crassostrea angulata<\/em>, extermin\u00e9e vers 1970 par une maladie, sans doute apport\u00e9e du Japon par l&rsquo;esp\u00e8ce introduite\u00a0<em>C. gigas,<\/em> du phoque moine des Cara\u00efbes (<em>Monachus tropicalis<\/em>) et des Mollusques (<em>Collisella edmitchelli<\/em>, <em>Littoraria flammea<\/em> et <em>Cerithidea fuscata<\/em>). Pour ce qui concerne le phoque moine des Cara\u00efbes, le massacre de 40 individus par une exp\u00e9dition scientifique, en 1886, aurait constitu\u00e9 le d\u00e9but de la fin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #666699;\">Les animaux marins sont-ils invuln\u00e9rables ?<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #666699;\"> Dans sa \u00ab\u00a0<em>Philosophie zoologique<\/em>\u00ab\u00a0, LAMARCK \u00e9crivait, en 1809 : \u00ab\u00a0<em>Les animaux aquatiques, et tout sp\u00e9cialement les animaux marins (&#8230;) sont prot\u00e9g\u00e9s de la destruction de leur esp\u00e8ce par l&rsquo;homme. Leur multiplication est tellement rapide, et leurs moyens d&rsquo;\u00e9chapper \u00e0 la poursuite ou aux pi\u00e8ges sont si grands, qu&rsquo;il est invraisemblable que l&rsquo;homme soit capable d&rsquo;exterminer compl\u00e8tement l&rsquo;une quelconque de ces esp\u00e8ces<\/em>\u00ab\u00a0.<\/span><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/rhytine.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-717 aligncenter\" alt=\"rhytine\" src=\"http:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/rhytine.jpg\" width=\"286\" height=\"122\" srcset=\"https:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/rhytine.jpg 435w, https:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/rhytine-300x128.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 286px) 100vw, 286px\" \/><\/a>Fig. 4 : La rhytine de Steller (<em>Hydrodamalis gigas<\/em>), mammif\u00e8re marin du Pacifique nord-am\u00e9ricain. Ce paisible mammif\u00e8re, pouvant mesurer 8 m de long et peser 9-12 t, se nourrissait d&rsquo;algues. D\u00e9couvert par l&rsquo;explorateur russe Vitus BERING en 1741, activement chass\u00e9 par les chasseurs de fourrure (pour fabriquer des canots avec sa peau), il avait disparu en 1768, soit 27 ans plus tard.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En M\u00e9diterran\u00e9e, on ne conna\u00eet avec certitude qu&rsquo;une esp\u00e8ce marine qui ait disparu, le grand pingouin\u00a0<em>Pinguinus impenni<\/em>s (Fig. 5) ; il y est connu par quelques ossements et par les peintures de la c\u00e9l\u00e8bre grotte Cosquer (Fig. 6), pr\u00e8s de Marseille, dat\u00e9es d&rsquo;il y a 18 000 \u00e0 19 000 ans (il est toutefois possible que la disparition du grand pingoin en M\u00e9diterran\u00e9e soit la cons\u00e9quence du r\u00e9chauffement du climat, \u00e0 la fin de la derni\u00e8re p\u00e9riode glaciaire) ; dans l&rsquo;Atlantique Nord, il a surv\u00e9cu jusqu&rsquo;au 19\u00b0 si\u00e8cle ; c&rsquo;\u00e9tait un oiseau de 70 cm de hauteur, chass\u00e9 pour sa viande et pour sa graisse, assez facile \u00e0 capturer ; il a disparu en 1844 .<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/grand_pingouin.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-707\" alt=\"grand_pingouin\" src=\"http:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/grand_pingouin.jpg\" width=\"132\" height=\"190\" srcset=\"https:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/grand_pingouin.jpg 245w, https:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/grand_pingouin-207x300.jpg 207w\" sizes=\"auto, (max-width: 132px) 100vw, 132px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Fig. 5 : Le grand pingouin\u00a0<em>Pinguinus impenni<\/em>s a disparu au milieu du si\u00e8cle dernier<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/grand_pingouin_2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-708\" alt=\"grand_pingouin_2\" src=\"http:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/grand_pingouin_2.jpg\" width=\"248\" height=\"176\" srcset=\"https:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/grand_pingouin_2.jpg 435w, https:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/grand_pingouin_2-300x213.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 248px) 100vw, 248px\" \/><\/a>Fig. 6 : Le grand pingouin <em>Pinguinus impennis<\/em> a v\u00e9cu en M\u00e9diterran\u00e9e. Peinture rupestre de la grotte Cosquer, pr\u00e8s de Marseille, datant de 18 000 \u00e0 19 000 ans.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le milieu marin est-il r\u00e9ellement moins vuln\u00e9rable que le milieu continental ? ou bien tout simplement est-il <strong>beaucoup plus mal connu<\/strong> ? Il est \u00e0 craindre que cette derni\u00e8re explication soit la plus probable. Beaucoup d&rsquo;esp\u00e8ces marines, qui n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 revues depuis des ann\u00e9es ou des d\u00e9cennies, sont consid\u00e9r\u00e9es comme \u00ab\u00a0rares\u00a0\u00bb, sans que l&rsquo;on sache si elles l&rsquo;ont toujours \u00e9t\u00e9. Pour certaines d&rsquo;entre elles, il est possible qu&rsquo;on se rende compte un jour, mais trop tard, qu&rsquo;elles sont en r\u00e9alit\u00e9 au bord de l&rsquo;extinction, ou m\u00eame qu&rsquo;elles ont d\u00e9j\u00e0 disparu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Des esp\u00e8ces marines en danger<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quoi qu&rsquo;il en soit, sans avoir encore disparu, de nombreuses esp\u00e8ces marines ont\u00a0<strong>d\u00e9clin\u00e9<\/strong> de fa\u00e7on dramatique, et\/ou <strong>disparu d&rsquo;une partie de leur aire<\/strong> g\u00e9ographique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aux Comores (Anjouan et Grande Comore, dans l&rsquo;Oc\u00e9an Indien), le <strong>coelacanthe\u00a0<\/strong>(<em>Latimeria chalumnae) <\/em>qui n&rsquo;y a du reste jamais \u00e9t\u00e9 abondant, pourrait dispara\u00eetre d&rsquo;ici 10 \u00e0 20 ans (Rapha\u00ebl PLANTE, communication verbale) ; il resterait moins de 200 individus pour ce qui concerne la Grande Comore, et il n&rsquo;est pas s\u00fbr que le coelacanthe existe en dehors des Comores.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il ne reste plus qu&rsquo;un millier d&rsquo;individus du <strong>lamantin<\/strong> de Floride <em>Trichechus manatus<\/em> ; malgr\u00e9 les mesures de protection, le nombre d&rsquo;individus tu\u00e9s par les h\u00e9lices des bateaux (environ 80 individus\/an) est sup\u00e9rieur aux naissances, et la population continue \u00e0 d\u00e9cliner ; le Lamantin de Floride pourrait avoir disparu dans une trentaine d&rsquo;ann\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #666699;\">Les sir\u00e8nes<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #666699;\"> La premi\u00e8re description des lamantins de Floride, aujourd&rsquo;hui en grand danger de disparition, date de 1493. Elle est l&rsquo;oeuvre de Christophe COLOMB : \u00ab\u00a0&#8230; <em>les jeunes femmes des mers que nous apercevons chaque jour ont certes, dans leur visage, quelque chose d&rsquo;humain ; mais elles ne sont en aucun cas aussi belles que sur les dessins qui les ont toujours repr\u00e9sent\u00e9es<\/em>&#8230;\u00a0\u00bb. Apr\u00e8s quatre mois de navigation,\u00a0 et au soleil couchant, le lamantin parvenait donc \u00e0 \u00e9voquer, dans l&rsquo;imagination des marins, la sir\u00e8ne mythique &#8230; mais ils n&rsquo;en perdaient pas toute lucidit\u00e9 !<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En M\u00e9diterran\u00e9e \u00e9galement, un certain nombre d&rsquo;esp\u00e8ces ont d\u00e9clin\u00e9 et sont aujourd&rsquo;hui en danger : le phoque moine\u00a0<em>Monachus monachus<\/em>, le marsouin <em>Phocoena phocoena<\/em>, l&rsquo;arap\u00e8de g\u00e9ante <em>Patella ferruginea<\/em>, etc. Le phoque moine\u00a0<em>Monachus monachus<\/em>, le marsouin\u00a0<em>Phocoena phocoena<\/em>, la tortue caouanne\u00a0<em>Caretta caretta<\/em> (en tant que reproducteur) et le poisson lagunaire\u00a0<em>Aphanius iberus<\/em> ont <strong>disparu des c\u00f4tes fran\u00e7aises<\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/marsouin.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-713\" alt=\"marsouin\" src=\"http:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/marsouin.jpg\" width=\"422\" height=\"149\" srcset=\"https:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/marsouin.jpg 662w, https:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/marsouin-300x106.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 422px) 100vw, 422px\" \/><\/a>Fig. 7 : Le marsouin (<em>Phocoena phocoena<\/em>) \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme commun au si\u00e8cle dernier sur les c\u00f4tes proven\u00e7ales. Il est devenu tr\u00e8s rare en M\u00e9diterran\u00e9e et a disparu, depuis la fin du 19\u00b0 si\u00e8cle, des c\u00f4tes de France et d&rsquo;Espagne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #666699;\">Dispara\u00eetre dans la notori\u00e9t\u00e9 : le phoque moine<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #666699;\"> Les phoques moines sont, contrairement aux autres esp\u00e8ces de phoques, des phoques d&rsquo;eaux temp\u00e9r\u00e9es ou chaudes. Le phoque moine de M\u00e9diterran\u00e9e (<em>Monachus monachus<\/em>) (Fig. 8) est l&rsquo;une des <strong>douze esp\u00e8ces au monde les plus menac\u00e9es<\/strong> (avec la baleine bleue, la baleine franche, le plataniste de l&rsquo;Hindus, le gorille de montagne, le rhinoc\u00e9ros de Java, le tigre, le grand panda, l&rsquo;ours de l&rsquo;Inde, etc.).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/phoque_moine.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-715\" alt=\"phoque_moine\" src=\"http:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/phoque_moine.jpg\" width=\"294\" height=\"143\" srcset=\"https:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/phoque_moine.jpg 641w, https:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/phoque_moine-300x146.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 294px) 100vw, 294px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Fig. 8 : Le phoque moine de M\u00e9diterran\u00e9e (<em>Monachus monachus<\/em>) fr\u00e9quentait le massif des calanques (Marseille) jusque dans les ann\u00e9es 40.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le phoque moine de M\u00e9diterran\u00e9e \u00e9tait autrefois r\u00e9pandu dans <strong>toute la M\u00e9diterran\u00e9e et la Mer Noire<\/strong>, ainsi que dans l&rsquo;Atlantique de Gibraltar \u00e0 la Mauritanie. Il a disparu des \u00eeles Canaries au d\u00e9but du 20\u00b0 si\u00e8cle. A la fin du 19\u00b0 si\u00e8cle, il occupait encore toutes les c\u00f4tes fran\u00e7aises et espagnoles. La disparition de la colonie des \u00eeles d&rsquo;Hy\u00e8res (Var, France) date de 1935. Dans le massif des calanques (Marseille), les derniers phoques ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s par les p\u00eacheurs vers 1945. Ils sont repr\u00e9sent\u00e9s sur les parois de la grotte Cosquer. En Espagne, le phoque moine a disparu dans les ann\u00e9es 60. En Corse, les derniers individus ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s par les p\u00eacheurs \u00e0 Scandola (entre Calvi et Porto), vers 1975. Sur les c\u00f4tes turques de la Mer Noire, il a disparu en 1987. C&rsquo;est \u00e0 la fin des ann\u00e9es 80 qu&rsquo;il a disparu de Sardaigne et de Tunisie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/phoque_moine_2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-716\" alt=\"phoque_moine_2\" src=\"http:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/phoque_moine_2.jpg\" width=\"316\" height=\"146\" srcset=\"https:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/phoque_moine_2.jpg 679w, https:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/phoque_moine_2-300x138.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 316px) 100vw, 316px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Fig. 9 : Phoques moines harponn\u00e9s, grav\u00e9s sur les parois de la grotte Cosquer, pr\u00e8s de Marseille, il y a environ 18 000 ans.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au d\u00e9but des ann\u00e9es &rsquo;70, les effectifs totaux du Phoque moine \u00e9taient estim\u00e9s entre {{500 et 1000}} individus. En une vingtaine d&rsquo;ann\u00e9es, ils sont pass\u00e9s \u00e0 environ{{ 300}}\u00a0 Bien que l&rsquo;esp\u00e8ce soit l\u00e9galement prot\u00e9g\u00e9e, son d\u00e9clin se poursuit presque partout. On ne peut malheureusement plus exclure que le Phoque moine disparaisse dans les premi\u00e8res d\u00e9cennies du 21\u00b0 si\u00e8cle. Pourtant, des moyens consid\u00e9rables sont maintenant mis en oeuvre, au niveau international, pour tenter de sauver cette esp\u00e8ce embl\u00e9matique de la M\u00e9diterran\u00e9e. Rien ne sert de courir, il fallait partir \u00e0 point &#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les causes de la disparition du phoque moine sont :<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li>la\u00a0 <strong>perte de l&rsquo;habitat<\/strong> (am\u00e9nagement du littoral, tourisme). Le territoire habituel d&rsquo;un Phoque moine est d&rsquo;environ 40 km\u00b2.<\/li>\n<li>le\u00a0<strong>d\u00e9rangement<\/strong> par l&rsquo;homme (surtout en p\u00e9riode de reproduction) ; en dehors de ces p\u00e9riodes, le phoque moine tol\u00e8re une pr\u00e9sence humaine mod\u00e9r\u00e9e ; il peut m\u00eame s&rsquo;av\u00e9rer assez familier.<\/li>\n<li>la perte des <strong>ressources alimentaires<\/strong> du fait de la surexploitation des stocks par les p\u00eacheurs ; or, c&rsquo;est un plongeur moyen (gu\u00e8re plus de 30 m de profondeur) et un mauvais p\u00eacheur.<\/li>\n<li>quand il n&rsquo;arrive plus \u00e0 p\u00eacher, le phoque moine parasite les filets des p\u00eacheurs, qui alors le <strong>tuent<\/strong>. Ces derniers ont toutefois tendance \u00e0 lui attribuer toutes les d\u00e9chirures de filets ; en r\u00e9alit\u00e9, sur 87 plaintes \u00e9tudi\u00e9s \u00e0 Fo\u00e7a (Turquie), 20 au maximum \u00e9taient dus au Phoque moine, les autres aux dauphins, tortues, requins et surtout \u00e0 l&rsquo;accrochage contre des roches.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #666699;\">Dispara\u00eetre en silence : l&rsquo;arap\u00e8de g\u00e9ante<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #666699;\"> L&rsquo;arap\u00e8de g\u00e9ante (<strong>Patella ferruginea<\/strong>) (Fig. 10) fournit l&rsquo;exemple d&rsquo;une esp\u00e8ce dont le d\u00e9clin est pass\u00e9 inaper\u00e7u des scientifiques jusqu&rsquo;\u00e0 une \u00e9poque r\u00e9cente, alors que ce d\u00e9clin est peut-\u00eatre irr\u00e9versible.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/grande_patelle.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-710\" alt=\"grande_patelle\" src=\"http:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/grande_patelle.jpg\" width=\"196\" height=\"236\" srcset=\"https:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/grande_patelle.jpg 341w, https:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/grande_patelle-249x300.jpg 249w\" sizes=\"auto, (max-width: 196px) 100vw, 196px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Fig. 10. L&rsquo;arap\u00e8de g\u00e9ante (<em>Patella ferruginea<\/em>). C&rsquo;est la plus grande arap\u00e8de du monde, avec un diam\u00e8tre qui peut atteindre 11 cm. Les jeunes se d\u00e9veloppent souvent (comme chez le sp\u00e9cimen repr\u00e9sent\u00e9 ici) sur la coquille des adultes &#8230; et se font ramasser avec eux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;esp\u00e8ce vit un peu au dessus du niveau moyen de la mer, dans la zone de balancement des vagues et des mar\u00e9es, et est end\u00e9mique (on dit d&rsquo;une esp\u00e8ce qu&rsquo;elle est end\u00e9mique d&rsquo;une r\u00e9gion quand elle n&rsquo;existe nulle part en dehors de cette aire g\u00e9ographique) de M\u00e9diterran\u00e9e occidentale. Elle a un comportement de \u00ab\u00a0homing\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;elle poss\u00e8de un lieu de repos fixe o\u00f9 elle revient toujours apr\u00e8s ses d\u00e9placements alimentaires (<em>Patella ferruginea<\/em> est un brouteur d&rsquo;algues.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;arap\u00e8de g\u00e9ante\u00a0<strong>change de sexe<\/strong> au cours de sa vie: les individus sont d&rsquo;abord m\u00e2les puis, vers 40 mm de diam\u00e8tre, changent de sexe et finissent leur vie comme femelles<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Son accessibilit\u00e9 et sa <strong>grande taille<\/strong> font de l&rsquo;arap\u00e8de g\u00e9ante une victime privil\u00e9gi\u00e9e (consommation humaine, app\u00e2ts pour la p\u00eache) ; sa consommation par l&rsquo;homme remonte d&rsquo;ailleurs au N\u00e9olithique : on trouve ses coquilles dans de nombreux habitats pr\u00e9historiques. En outre, le fait qu&rsquo;elle change de sexe au cours de sa vie fait que, dans une population o\u00f9 les plus grands individus sont r\u00e9colt\u00e9s, un des deux sexes (les femelles) peut manquer. Elle est aujourd&rsquo;hui devenue <strong>tr\u00e8s rare<\/strong>, tr\u00e8s localis\u00e9e (Corse, Alg\u00e9rie, Tunisie), et son d\u00e9clin semble se poursuivre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le grand bataillon des esp\u00e8ces vuln\u00e9rables<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un grand nombre d&rsquo;esp\u00e8ces, sans para\u00eetre menac\u00e9es de disparition \u00e0 br\u00e8ve \u00e9ch\u00e9ance, ont vu leurs effectifs diminuer, parfois s&rsquo;effondrer, au moins dans une partie de leur aire g\u00e9ographique. On dit qu&rsquo;elles sont\u00a0<strong>vuln\u00e9rables<\/strong>. Ce sont des phan\u00e9rogames comme la posidonie\u00a0<em>Posidonia oceanica <\/em>(Fig. 11) ; des algues comme la cystoseire (<em>Cystoseira amentacea<\/em><em><\/em>)et l&rsquo;algue calcaire (<em>Lithophyllum lichenoides<\/em>), \u00e9dificatrice du <strong>trottoir<\/strong> ; des Mollusques comme la grande nacre <em>(Pinna nobilis<\/em>) (Fig. 12) ; des poissons comme le m\u00e9rou (<em>Epinephelus marginatus<\/em>)(Fig. 13) et des Mammif\u00e8res.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/herbier_dessin.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-711\" alt=\"herbier_dessin\" src=\"http:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/herbier_dessin.jpg\" width=\"410\" height=\"354\" srcset=\"https:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/herbier_dessin.jpg 723w, https:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/herbier_dessin-300x259.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 410px) 100vw, 410px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Fig. 11 : L&rsquo;herbier de posidonie (<em>Posidonia oceanica<\/em>) joue un r\u00f4le tr\u00e8s important en M\u00e9diterran\u00e9e. Sa r\u00e9gression a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9rable au voisinage des grandes agglom\u00e9rations, en particulier \u00e0 Marseille.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/grande_nacre.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-709\" alt=\"grande_nacre\" src=\"http:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/grande_nacre.jpg\" width=\"238\" height=\"294\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Fig. 12 :\u00a0 La grande nacre (<em>Pinna nobilis<\/em>) est le plus grand coquillage de M\u00e9diterran\u00e9e : elle peut atteindre 1 m de hauteur. Bris\u00e9e par les ancres et par le passage des chaluts, ramass\u00e9e par certains plongeurs pour sa valeur d\u00e9corative, elle \u00e9tait devenue rare en France. Depuis 1992, la Grande nacre est prot\u00e9g\u00e9e par la Loi, et son ramassage expose \u00e0 de lourdes amendes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #666699;\">L&rsquo;attitude de l&rsquo;homme envers les dauphins a bien chang\u00e9 !<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #666699;\"> Dans \u00ab\u00a0La Provence des P\u00eacheurs\u00a0\u00bb, GOURRET (1894) \u00e9crivait \u00e0 propos des dauphins (<em>Delphinus delphis<\/em>) et (<em>Tursiops truncatus<\/em>) qu&rsquo;ils \u00ab\u00a0<em>engloutissent les poissons emmaill\u00e9s et mettent ensuite les filets en pi\u00e8ces, causant ainsi des d\u00e9g\u00e2ts souvent tr\u00e8s importants (&#8230;) La pr\u00e9sence de ces animaux constitue donc un v\u00e9ritable fl\u00e9au<\/em>\u00ab\u00a0. Il explique leur prolif\u00e9ration par le fait que leur p\u00eache, qui autrefois \u00ab\u00a0<em>se faisait sur une vaste \u00e9chelle, aussi bien dans l&rsquo;Oc\u00e9an que dans la M\u00e9diterran\u00e9<\/em>e\u00a0\u00bb a \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9e par les p\u00eacheurs qui ne la consid\u00e9raient plus comme rentable ; \u00ab\u00a0<em>leur chair, quoique de mauvais go\u00fbt, servait d&rsquo;aliment et l&rsquo;huile qu&rsquo;on en retirait \u00e9tait employ\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9clairage<\/em>\u00ab\u00a0. Il remarque que \u00ab\u00a0<em>les primes offertes par les prud&rsquo;homies de p\u00eache, par les Conseils G\u00e9n\u00e9raux et par l&rsquo;administration de la marin<\/em>e\u00a0\u00bb pour la destruction des dauphins \u00ab\u00a0<em>n&rsquo;ont pu secouer l&rsquo;indiff\u00e9rence des p\u00eacheurs, bien qu&rsquo;ils soient les seuls capables d&rsquo;enrayer un mal dont ils sont les premiers \u00e0 souffrir. Ils pr\u00e9f\u00e8rent r\u00e9clamer l&rsquo;intervention de l&rsquo;Etat<\/em>\u00ab\u00a0. GOURRET passe ensuite en revue les moyens utilis\u00e9s pour d\u00e9truire les dauphins ; \u00e0 La Ciotat, en Ao\u00fbt 1893, on a pu d\u00e9truire 80 dauphins avec de la dynamite ; un autre syst\u00e8me, utilis\u00e9 en 1891 \u00e0 Marseille, consistait \u00e0 introduire dans des maquereaux un cube de caoutchouc muni d&rsquo;aiguilles d&rsquo;acier maintenues par une ficelle ; dans l&rsquo;estomac du dauphin qui les mange, la ficelle est d\u00e9truite par les sucs digestifs, les aiguilles se d\u00e9plient en croix, perforent l&rsquo;estomac, et \u00ab\u00a0<em>d\u00e9terminent rapidement la mort de l&rsquo;animal<\/em>\u00a0\u00bb ; le harponnage est \u00e9galement pr\u00e9conis\u00e9. Au d\u00e9but du 20\u00b0 si\u00e8cle, le gouvernement fran\u00e7ais envoyait d&rsquo;ailleurs r\u00e9guli\u00e8rement des torpilleurs de la Marine Nationale afin \u00ab\u00a0<em>d&rsquo;exterminer ces animaux parasites<\/em>\u00ab\u00a0&#8230;<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/merou_dessin.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-714\" alt=\"merou_dessin\" src=\"http:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/merou_dessin.jpg\" width=\"352\" height=\"228\" srcset=\"https:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/merou_dessin.jpg 886w, https:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/merou_dessin-300x194.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 352px) 100vw, 352px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Fig. 13 : Le m\u00e9rou (<em>Epinephelus marginatus<\/em>) \u00e9tait autrefois assez commun. En France, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cim\u00e9 par les chasseurs sous-marins pour lesquels il \u00e9tait une proie relativement facile. La cr\u00e9ation d&rsquo;espaces prot\u00e9g\u00e9s o\u00f9 il peut se reproduire, et l&rsquo;interdiction de sa chasse (depuis 1993) ont contribu\u00e9 \u00e0 une\u00a0 reconstitution timide mais significative de ses populations.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dauphin commun (<em>Delphinus delphis<\/em>) et le rorqual commun (<em>Balaenoptera physalus<\/em>) (Fig. 14).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les causes de la r\u00e9gression de toutes ces esp\u00e8ces sont multiples : la pollution, bien s\u00fbr, mais aussi l&rsquo;am\u00e9nagement du littoral, les chalutages (g\u00e9n\u00e9ralement illicites (le chalutage est interdit \u00e0 moins de 3 milles des c\u00f4tes, c&rsquo;est-\u00e0-dire dans la zone o\u00f9 sont localis\u00e9s la majeure partie des herbiers de posidonie. Cette disposition n&rsquo;est toutefois pas respect\u00e9e)), la surexploitation par la p\u00eache, la chasse sous-marine, le ramassage en plong\u00e9e (le ramassage de tout organisme est rigoureusement interdit en plong\u00e9e (scaphandre autonome), sauf autorisation sp\u00e9ciale accord\u00e9e pour une ann\u00e9e par la Direction des Affaires Maritimes), etc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/rorqual_commun.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-718\" alt=\"rorqual_commun\" src=\"http:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/rorqual_commun.jpg\" width=\"451\" height=\"119\" srcset=\"https:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/rorqual_commun.jpg 451w, https:\/\/gisposidonie.osupytheas.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/rorqual_commun-300x79.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 451px) 100vw, 451px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Fig. 14 : Le rorqual commun (<em>Balaenoptera physalus<\/em>) est le plus grand C\u00e9tac\u00e9 de M\u00e9diterran\u00e9e : il peut mesurer plus de 20 m de longueur et peser jusqu&rsquo;\u00e0 75 t. Ses effectifs en M\u00e9diterran\u00e9e seraient de l&rsquo;ordre de 4 000 individus, principalement localis\u00e9s entre la Corse et la C\u00f4te d&rsquo;Azur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Ce qui est rare est menac\u00e9<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, toute une s\u00e9rie d&rsquo;esp\u00e8ces sont menac\u00e9es tout simplement parce qu&rsquo;elles sont naturellement tr\u00e8s rares. Rien n&rsquo;indique, pour le moment, qu&rsquo;elles aient r\u00e9gress\u00e9. N\u00e9anmoins, on ne peut pas ne pas \u00eatre conscient du fait que les rares stations o\u00f9 elles existent sont\u00a0<strong>\u00e0 la merci d&rsquo;un am\u00e9nagement, d&rsquo;un accident p\u00e9trolier<\/strong>, etc. C&rsquo;est le cas par exemple de la curieuse algue verte\u00a0<em>Penicillus capitatus<\/em>, en forme de balai, connue d&rsquo;une dizaine de localit\u00e9s m\u00e9diterran\u00e9ennes seulement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;int\u00e9r\u00eat que l&rsquo;on porte \u00e0 ces esp\u00e8ces rel\u00e8ve donc, en quelque sorte, d&rsquo;une \u00e9l\u00e9mentaire pr\u00e9caution.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Mais pourquoi donc essayer de sauver les esp\u00e8ces menac\u00e9es<\/strong>\u00a0<strong>?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La premi\u00e8re raison qui conduit \u00e0 prot\u00e9ger les esp\u00e8ces menac\u00e9es est d&rsquo;ordre\u00a0<strong>\u00e9thique<\/strong>, mais il existe \u00e9galement des arguments \u00e9cologiques et \u00e9conomiques, et il faut \u00eatre conscient du fait que certains, parmi les d\u00e9cideurs, seront surtout sensibles \u00e0 ces derniers.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Prot\u00e9ger une esp\u00e8ce, c&rsquo;est consid\u00e9rer que la Terre n&rsquo;appartient pas seulement \u00e0 l&rsquo;Homme, mais \u00e0 toutes les esp\u00e8ces qui partagent une\u00a0<strong>histoire commune<\/strong> depuis 3.8 milliards d&rsquo;ann\u00e9es. Prot\u00e9ger une esp\u00e8ce, c&rsquo;est l&rsquo;int\u00e9grer dans notre <strong>patrimoine<\/strong>, au m\u00eame titre qu&rsquo;un tableau de Goya, que le Palais des Papes ou que l&rsquo;Abbaye Saint-Victor.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La disparition d&rsquo;une esp\u00e8ce est sans doute l&rsquo;impact le plus fort, le plus grave, car le plus\u00a0<strong>irr\u00e9m\u00e9diable<\/strong>, dont l&rsquo;homme puisse \u00eatre la cause. En effet, la plupart des autres impacts sont plus ou moins r\u00e9versibles ; c&rsquo;est le cas de la pollution : depuis la mise en service de la station d&rsquo;\u00e9puration de la ville de Marseille, en 1987, on assiste en effet \u00e0 une reconqu\u00eate des zones d\u00e9grad\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Les esp\u00e8ces : un facteur de stabilit\u00e9 des \u00e9cosyst\u00e8me<\/strong>s<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On consid\u00e8re que la biodiversit\u00e9 (la biodiversit\u00e9, ou diversit\u00e9 biologique, notion qui a \u00e9t\u00e9 popularis\u00e9e par le Sommet de Rio (1992) se d\u00e9finit comme suit : \u00ab\u00a0vari\u00e9t\u00e9 du vivant \u00e0 tous ses niveaux : les g\u00e8nes, les esp\u00e8ces, les populations, les \u00e9cosyst\u00e8mes, les paysages et les processus naturels qui assurent la perp\u00e9tuation de la vie sous toutes ses formes\u00a0\u00bb), c&rsquo;est-\u00e0-dire la variabilit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique d&rsquo;une esp\u00e8ce (au sein d&rsquo;une population et entre populations), la diversit\u00e9 des esp\u00e8ces d&rsquo;un m\u00eame niveau trophique et la diversit\u00e9 des \u00e9cosyst\u00e8mes constituent en quelque sorte des\u00a0<strong>strat\u00e9gies d&rsquo;\u00e9talement des risques<\/strong> de disparition d&rsquo;une cat\u00e9gorie face aux changements et aux perturbations de son environnement. A chaque niveau trophique, par exemple, il existerait toujours, gr\u00e2ce \u00e0 la diversit\u00e9 des esp\u00e8ces, plusieurs solutions pour s&rsquo;alimenter d&rsquo;une part, transmettre son \u00e9nergie au niveau trophique sup\u00e9rieur d&rsquo;autre part.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Certaines esp\u00e8ces ont en outre, dans le fonctionnement des \u00e9cosyst\u00e8mes, un <strong>r\u00f4le tr\u00e8s pr\u00e9cis<\/strong>, m\u00eame si ce r\u00f4le est encore inconnu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au total, prot\u00e9ger les esp\u00e8ces menac\u00e9es en particulier, prot\u00e9ger la biodiversit\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral, constitue la garantie du maintien des \u00e9quilibres naturels.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Les esp\u00e8ces : une valeur \u00e9conomique s\u00fbre<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les cons\u00e9quences \u00e9conomiques de la disparition ou de la rar\u00e9faction d&rsquo;une esp\u00e8ce (on d\u00e9signe sous le terme \u00ab\u00a0d&rsquo;\u00e9rosion de la biodiversit\u00e9\u00a0\u00bb la disparition ou la rar\u00e9faction d&rsquo;une esp\u00e8ce, ou d&rsquo;un \u00e9cosyst\u00e8me) peuvent \u00eatre li\u00e9es \u00e0 :<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li>La disparition ou la rar\u00e9faction d&rsquo;une\u00a0<strong>ressource exploitable<\/strong>. Dans le golfe du Lion (France), le nombre d&rsquo;esp\u00e8ces de poissons S\u00e9laciens commercialis\u00e9s est pass\u00e9 de 17 dans les ann\u00e9es 50 \u00e0 13 dans les ann\u00e9es 80, puis \u00e0 4 dans les ann\u00e9es 90. Dans la r\u00e9gion d&rsquo;Alicante (Espagne), les herbiers \u00e0<em> Posidonia oceanica<\/em> d\u00e9truits par le chalutage sont par exemple remplac\u00e9s par des fonds de vase beaucoup moins productifs pour la p\u00eache. Dans la Mer int\u00e9rieure de S\u00e9to (Japon), la r\u00e9gression consid\u00e9rable des herbiers \u00e0\u00a0<em>Zostera marina\u00a0<\/em>(la grande zost\u00e8re est \u00e9galement pr\u00e9sente dans l&rsquo;Atlantique (o\u00f9 elle a beaucoup r\u00e9gress\u00e9) et en M\u00e9diterran\u00e9e, o\u00f9 elle est tr\u00e8s rare, elle est prot\u00e9g\u00e9e par la Loi en France (R\u00e9gion Provence-Alpes-C\u00f4te d&rsquo;Azur)) pourrait \u00eatre \u00e0 l&rsquo;origine du d\u00e9clin des p\u00eacheries de crevettes, de crabes et de daurades, esp\u00e8ces qui d\u00e9pendent de ces herbiers pour leur cycle biologique.<\/li>\n<li><strong>L&rsquo;\u00e9cotourisme<\/strong> : le public se d\u00e9termine de moins en moins en termes de soleil et de sable, et de plus en plus en fonction de la qualit\u00e9 des eaux (et du sable !), de la beaut\u00e9 des paysages et des activit\u00e9s annexes qui lui sont offertes. Les plongeurs souhaitent voir des gorgones, des poissons embl\u00e9matiques comme le m\u00e9rou\u00a0<em>Epinephelus marginatus<\/em> ou le corb\u00a0<em>Sciaena umbra<\/em>, des esp\u00e8ces rares, et non des bo\u00eetes de conserve sur fond de vase.\u00a0 En\u00a0 M\u00e9diterran\u00e9e, o\u00f9 se concentre 1\/3 du tourisme mondial,\u00a0 cet aspect des choses prend une importance croissante. Pour ne pas l&rsquo;avoir compris, la Costa Brava et surtout la Riviera italienne voient aujourd&rsquo;hui leur fr\u00e9quentation d\u00e9cliner.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #666699;\">Un m\u00e9rou vivant vaut 1000 fois plus qu&rsquo;un m\u00e9rou p\u00each\u00e9<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #666699;\"> Dans le Parc National de Port-Cros (Var, France), o\u00f9 l&rsquo;on estime que 500 plongeurs le voient chaque ann\u00e9e, o\u00f9 le prix moyen d&rsquo;une plong\u00e9e est de 100 F, et o\u00f9 la dur\u00e9e de vie du M\u00e9rou est au moins de 20 ans, le rapport d&rsquo;un M\u00e9rou vivant est de 500 x 100 x 20 = 1 000 000 F. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un rapport minimal, int\u00e9grant simplement le prix de la plong\u00e9e ; il faudrait y ajouter les retomb\u00e9es \u00e9conomiques indirectes (h\u00e9bergement, restauration, etc.). Le m\u00eame M\u00e9rou, s&rsquo;il \u00e9tait p\u00each\u00e9, rapporterait (15 kg en moyenne, 66F\/kg) : 15 x 66 = 1 000 F, soit 1 000 fois moins<\/span>.<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li>La<strong> biotechnologie<\/strong> (exploitation d&rsquo;un g\u00e8ne particulier pour des hybridations, des greffes ou des GMO\u00a0 (GMO = OGM = Organismes g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9s). Par exemple, ce n&rsquo;est qu&rsquo;en 1979 qu&rsquo;on a d\u00e9couvert, au Mexique, une nouvelle esp\u00e8ce de ma\u00efs sauvage, <em>Zea diploperennis<\/em>, qui r\u00e9siste aux virus qui attaquent le ma\u00efs cultiv\u00e9,\u00a0<em>Zea mais<\/em>. Par hybridation, on a r\u00e9ussi \u00e0 cr\u00e9er une vari\u00e9t\u00e9 cultiv\u00e9e r\u00e9sistante, avec des b\u00e9n\u00e9fices \u00e9conomiques consid\u00e9rables ; or, cette esp\u00e8ce sauvage aurait tout aussi bien pu dispara\u00eetre avant m\u00eame d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverte et d\u00e9crite, comme cela se passe probablement tr\u00e8s souvent.<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify;\">\u00a0 La\u00a0<strong>pharmacologie<\/strong>. Un tr\u00e8s faible pourcentage des esp\u00e8ces vivantes actuellement connues a \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9 pour y identifier les m\u00e9tabolites secondaires, et en analyser les propri\u00e9t\u00e9s. Ces substances chimiques bio-actives sont susceptibles d&rsquo;utilisation pharmacologique ou agro-alimentaire. La majorit\u00e9 des nouveaux m\u00e9dicaments actuellement mis au point exploitent de telles substances. On vient par exemple de d\u00e9couvrir qu&rsquo;une petite L\u00e9gumineuse du Ghana,\u00a0<em>Millettia thonningii<\/em>, contient dans ses graines un m\u00e9tabolite toxique pour les escargots\u00a0<em>Bulinus<\/em>, qui sont le vecteur d&rsquo;une tr\u00e8s grave parasitose (la bilharziose) qui s\u00e9vit en Afrique tropicale ; la bilharziose, une maladie de l&rsquo;homme caus\u00e9e par le\u00a0<em>Schistosoma<\/em>, entra\u00eene des h\u00e9morragies parfois mortelles. A fortiori, les m\u00e9tabolites des millions d&rsquo;esp\u00e8ces non encore d\u00e9couvertes et d\u00e9crites sont inconnus.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ce document a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 d\u2019apr\u00e8s une conf\u00e9rence du Prof. C.F. Boudouresque pr\u00e9sent\u00e9e au Comit\u00e9 du Vieux-Marseille (1er juin 1999).<\/p>\n<p>Le document original doit \u00eatre cit\u00e9 sous la forme suivante\u00a0:<br \/>\nBOUDOURESQUE C.F., 1997. Ces esp\u00e8ces qui disparaissent &#8230; Conf\u00e9rence \u00ab\u00a0Paroles de mer\u00a0\u00bb, Librairie Chemins de Mer. GIS Posidonie publ., Marseille, Fr.\u00a0: 1-11.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un peu partout dans le monde, sur terre comme en mer, des esp\u00e8ces disparaissent, du fait de l&rsquo;homme. 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