Herbier de roche

La Phanérogame marine Posidonia oceanica constitue entre la surface et 30-40 m de profondeur, tout autour de la Méditerranée, de vastes herbiers sous-marins. Ces herbiers jouent un rôle important d’un point de vue écologique et économique : très grande richesse faunistique et floristique (pôle de biodiversité), forte production primaire, frayère et nurserie pour de nombreuses espèces, en particulier pour des poissons d’intérêt économique, fixation des sédiments et contrôle du profil d’équilibre des littoraux sableux. Posidonia oceanica et les herbiers qu’elle édifie, sont protégés par la loi en France (arrêté du 19 Juillet 1988, décret du 20 Septembre 1989), en Catalogne (ordre du 31 Juillet 1991) et dans la Communauté valencienne (Ordre du 23 Janvier 1992). En outre, divers documents internationaux (Commission des Union Européenne, Conférence sur la Sécurité et la Coopération en Europe, etc.) mentionnent de façon spécifique les herbiers à P. oceanica. La régression des herbiers à P. oceanica est générale sur une grande partie du pourtour méditerranéen ; cette régression est due directement et indirectement aux aménagements littoraux (ports, endigages, etc.), à la pollution, aux chalutages et à la fragilisation par les ancrages répétés dans les mouillages forains. Dans la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, le “Réseau de Surveillance Posidonies” a permis de suivre, de façon très fine pendant 20 ans, l’évolution récente de l’herbier. Dans quelques sites, son recul semble enrayé et l’on assiste en limite supérieure à des progressions lentes. A l’échelle de la Méditerranée dans son ensemble, les mesures concrètes de protection de l’herbier à P. oceanica sont inégalement appliquées. Dans bien des sites,  mouillages et chalutages se poursuivent sans contrôle. Les surfaces incorporées à des espaces protégés restent modestes et des aménagements continuent à être réalisés sur des herbiers. La mise en place de récifs anti-chaluts constitue une solution intéressante pour éviter les chalutages (interdits) dans l’herbier. Des techniques de réimplantation de P. oceanica ont été développées, mais la croissance de la plante est extrêmement lente. Il convient donc de veiller à ce que les réimplantations et transplantations ne servent pas d’alibi à de nouvelles destructions délibérées.

Introduction

La phanérogame marine Posidonia oceanica est présente le long de la plus grande partie des côtes de la Méditerranée, dont elle est endémique. Elle y constitue, entre le voisinage de la surface et 30-40 m de profondeur (localement moins) de vastes prairies connues sous le nom d’herbiers. Les herbiers à Posidonia oceanica jouent un rôle écologique et économique très important en Méditerranée : (1) pôle de biodiversité (entre 20 et 25% des espèces animales et végétales connues de la Méditerranée y ont été observées) ; (2) production primaire très importante (à la fois celle de la phanérogame elle-même et celle des épiphytes des feuilles) ; une grande partie de cette production (près de 40%) est exportée vers d’autres types de fonds, sous forme de feuilles mortes ; (3) frayère et nurserie pour de nombreuses espèces, en particulier pour des poissons d’intérêt économique ; (4) fixation des sédiments dans le lacis des rhizomes (matte), atténuation de l’énergie de la houle et des vagues et contrôle du profil d’équilibre des rivages sableux (MOLINIER et PICARD, 1952 ; PERES et PICARD, 1964 ; BOUDOURESQUE et MEINESZ, 1982 ; BOUDOURESQUE et JEUDY DE GRISSAC, 1983 ; JEUDY DE GRISSAC, 1984 ; ROMERO-MARTINENGO, 1983, 1985 ; MAZZELLA {et al., }1986 ; PERGENT, 1987 ; CHESSA {et al., }1989 ; GAMBI et al., 1989 ; FRANCOUR, 1990 ; PAILLARD et al., 1993 ; PERGENT et al., 1994 ; etc)

Les herbiers à Posidonia oceanica ont fortement régressé, au cours des dernières décennies, dans de nombreux secteurs de Méditerranée, principalement au voisinage des grands centres industrialo-portuaires (Athènes, Napoli, Genova, Nice, Toulon, Marseille, Barcelona, etc), mais aussi dans des secteurs relativement éloignés de ces centres urbains, par exemple les baies de Port-Man et de Port-Cros, Var, France (AUGIER et BOUDOURESQUE, 1970a, 1970b ; BLANC et JEUDY DE GRISSAC, 1978 ; BOURCIER, 1982, 1989 ; ARDIZZONE et PELUSI, 1983 ; RAMOS-ESPLA, 1984 ; PANAYOTIDIS et SIMBOURA, 1989 ; etc). Les causes de cette régression sont multiples (PERES et PICARD, 1975 ; BOUDOURESQUE et MEINESZ, 1982 ; PERES, 1984) : recouvrement des herbiers par des aménagements littoraux gagnés sur la mer tels que ports, digues, plages artificielles, endigages (MEINESZ et LAURENT, 1978), déficit ou excès de sédimentation dû à la modification des courants, consécutivement à des aménagements littoraux (BOUDOURESQUE et JEUDY DE GRISSAC, 1983), diminution de la transparence de l’eau due à l’eutrophisation ou à la turbidité (MEINESZ et LAURENT, 1978 ; ASTIER et TAILLIEZ, 1984 ; RELINI, 1986), pollution (DARMOUL {et al., }1979 ; AUGIER {et al., }1984), ancrages (AUGIER et BOUDOURESQUE, 1970a), chalutages (ARDIZZONE et PELUSI, 1984) et enfin surpâturage par des herbivores tels que l’oursin {Paracentrotus lividus }ou le poisson Sarpa salpa (KIRKMAN et YOUNG, 1981 ; VERLAQUE, 1987). L’agrandissement du port de Golfe-Juan (Alpes-Maritimes, France) a par exemple causé la destruction de 15 ha d’herbier.

Dans certaines baies abritées, la dynamique de croissance de P. oceanica a conduit à l’édification de récifs-barrières séparés de la côte par un lagon (MOLINIER et PICARD, 1952 ; BOUDOURESQUE et MEINESZ, 1982). Ces récifs-barrières, dont l’édification nécessite plusieurs millénaires, sont considérés comme des “monuments naturels”. La plupart de ces récifs-barrières ont été détruits par des aménagements littoraux, souvent à des dates très anciennes. Le dernier à avoir été détruit est celui de Bandol (France), qui a été recouvert par un terre-plein gagné sur la mer (BLANC, 1975). Les principaux récifs-barrières qui subsistent en France sont ceux de la baie de Port-Cros (AUGIER et BOUDOURESQUE, 1970b), du Brusc (MOLINIER et PICARD, 1952) et de la Madrague de Giens (PAILLARD et al., 1993). Deux autres types de paysages édifiés par P. oceanica apparaissent comme particulièrement vulnérables : les herbiers tigrés décrits du golfe de Gabès en Tunisie (BOUDOURESQUE et al.,1990) et le plateau-récifal de San-Fiurenzu (Saint-Florent) en Corse (BOUDOURESQUE et al., 1985).
Mesures de protection légale

L’importance écologique des herbiers à Posidonia oceanica rend leur régression particulièrement préoccupante. C’est la raison pour laquelle P. oceanica apparaît sur les listes d’espèces menacées (BELSHER et al., 1987 ; BOUDOURESQUE et al., 1990), bien que ce ne soit pas l’espèce en elle-même mais l’écosystème qu’elle édifie qui soit menacé.  Posidonia oceanica est protégée par la loi en France, dans le cadre de la Loi du 10 Juillet 1976 relative à la protection de la nature, par l’arrêté du 19 Juillet 1988 relatif à la liste des espèces végétales marines protégées : il est interdit “de détruire, de colporter, de mettre en vente, de vendre ou d’acheter et d’utiliser tout ou partie” de la plante. Un texte similaire existe en Catalogne (Ordre du 31 Juillet 1991) ; il ne concerne pas spécifiquement P. oceanica mais l’ensemble des phanérogames marines. Le Livre Rouge des végétaux menacés de Méditerranée (BOUDOURESQUE et al., 1990) et les experts du colloque Les espèces marines à protéger en Méditerranée (ANONYME, 1991 ; PERGENT, 1991) ont recommandé l’extension de la protection de P. oceanica à l’ensemble des pays riverains de la Méditerranée.

Des textes plus généraux protègent les herbiers. En France, le décret du 20 Septembre 1989 (code de l’urbanisme, dispositions particulières au littoral) indique que “sont préservés, dès lors qu’ils constituent un site ou un paysage remarquable ou caractéristique du patrimoine naturel et culturel du littoral, sont nécessaires au maintien des équilibres biologiques ou présentent un intérêt écologique : … les milieux abritant des concentrations naturelles d’espèces animales ou végétales tels que les herbiers …”. Dans la Communidad Valenciana (Espagne), l’Ordre du 23 Janvier 1992 interdit “la destrucción de las praderas de fanerogámas marinas, por ser zonas de interés pesquero”. Lors de la deuxième Conférence sur la Sécurité et la Coopération en Europe (CSCE), tenue à Paris en 1991, les états participants se sont engagés à “prendre acte que les signataires de la Convention de Barcelone se sont engagés à adopter toutes les mesures appropriées pour la protection des peuplements de Posidonia oceanica et de toutes les autres phanérogames marines qui constituent des végétaux essentiels de l’écosystème méditerranéen, et à contrôler et réglementer la pêche au chalut et les autres activités entraînant la destruction des Posidonia et de toutes les autres phanérogames marines”. Enfin, la Directive de l’Union Européenne du 21 Mai 1992 sur la conservation des habitats naturels et de la faune et de la flore sauvages (dite “Directive habitat”) inclut les herbiers à Posidonia dans son Annexe 1 (Natural habitat types of Community interest whose conservation requires the designation of special areas of conservation), avec la mention “priority habitat type”.

Des mesures de protection particulières des derniers récifs-barrières qui subsistent, tout particulièrement celui du Brusc (Var), du plateau récifal de San Fiurenzu (Corse) et des herbiers tigrés du golfe de Gabès (Tunisie) ont été recommandées par BOUDOURESQUE et al. (1985, 1990).

Mesures de gestion des herbiers

La plupart des textes législatifs ou des Conventions mentionnés ci-dessus ne sont que des recommandations assez vagues qui n’ont pas été suivies d’effets. Les surfaces d’herbiers à P. oceanica inclues dans des espaces protégés restent ainsi dérisoires ; il convient de citer principalement la Réserve de Nueva Tabarca (Espagne), le Parc national de Port-Cros, la Réserve naturelle de Scandola et la Réserve des Lavezzi-Cerbicale (AUGIER et BOUDOURESQUE, 1975 ; RAMOS-ESPLA, 1985 ; MEINESZ et al., 1987, 1988). La régression des herbiers se poursuit le long de la majorité des côtes méditerranéennes. Un seul récif-barrière est protégé pour l’ensemble de la Méditerranée, celui du Parc national de Port-Cros (AUGIER et BOUDOURESQUE, 1970b ; BOUDOURESQUE et al., 1975). Seule la protection légale de P. oceanica, en tant qu’espèce, a eu un effet déterminant. En France, aucun aménagement littoral impliquant la destruction d’un herbier à P. oceanica n’a été réalisé depuis 1988. Il a toutefois été considéré que des mattes mortes avec quelques faisceaux isolés ou taches résiduelles de P. oceanica ne constituaient pas un herbier, ce qui constitue une interprétation acceptable des textes de protection; c’est le cas de l’aménagement de la plage de Corbière, à Marseille (CREBASSA, 1992). Deux cas sont particulièrement exemplaires. Le premier cas est celui du port privé de J. SETTON à Cavallo (Corse), construit sans permis et ayant occasionné la destruction d’une tache de 10 m² de P. oceanica; l’un des cinq délits relevés par le Tribunal de Grande Instance d’Ajaccio est “mutilation de végétaux protégés, ainsi que dégradation des espèces” (PERGENT, 1991) ; J. SETTON a été condamné (jugement N° 90 du 2 Février 1990) à de fortes amendes, à détruire les postes d’amarrage et à la reconstituer le linéaire côtier, par fermeture du chenal d’accès (sur une profondeur de deux mètres) dans un délai de 6 mois ; notons toutefois qu’en 1994, le chenal a simplement été barré par une chaîne et que le linéaire côtier n’était pas encore reconstitué. Le second cas exemplaire, tout à fait inverse, est le projet d’agrandissement du port de la Pointe-Rouge, à Marseille ; la ville de Marseille a fait procéder au préalable à une cartographie précise des herbiers à Posidonia oceanica du secteur (FRANCOUR et MARCHADOUR, 1989). Cette carte, ainsi que le texte de l’arrêté de protection de P. oceanica, étaient joints à l’appel d’offre. Le projet d’ouvrage évite effectivement les zones occupées par P. oceanica. Même la mise en place du câble électrique reliant l’île de Port-Cros (Var) au continent a fait l’objet d’une cartographie des herbiers en place (MEINESZ et BELLONE, 1989) ; le trajet sous-marin du câble a ensuite été déterminé de façon à minimiser la traversée de l’herbier. En Catalogne, la Direcció General de Pesca Marítima a fait procéder en 1992 à une cartographie générale (au 50 000°) des herbiers de phanérogames marines (et autres types de fonds) de l’ensemble du littoral catalan (700 km), afin de pouvoir gérer la mise en oeuvre de la loi de protection des phanérogames marines.

Dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (“région PACA”, France), des systèmes de surveillance de l’herbier à P. oceanica ont été mis en place dans les années 1980 (BOUDOURESQUE et al., 1990 ; NIERI, 1991 ; NIERI et al., 1993b). Leur objectif est double : (1) suivre l’évolution (régression, stabilité ou progression) de l’herbier, (2) utiliser l’herbier (dont on connait la sensibilité à la pollution) comme un indicateur global de la qualité des eaux littorales. Le système le plus important, avec 24 puis 33 sites, est le RSP (Réseau de Surveillance Posidonies), mis en place à l’initiative du Conseil Régional (NIERI et al., 1993a). Entre 1991 et 1993, un quart des sites ont présenté des régressions plus ou moins importantes, un quart des sites des signes de progression de l’herbier, tandis que les autres paraissaient stables (CHARBONNEL et al.,1993). Dans la baie du Prado à Marseille, des progressions localisées de l’herbier ont également été mises en évidence, que l’on peut mettre en relation avec la mise en service d’une station d’épuration (en 1988) et le détournement d’un fleuve côtier (L’Huveaune), aux eaux très polluées, vers cette même station d’épuration (NIERI et al., 1993b). Ces cas de progression de l’herbier, qui ne concernent en Méditerranée que la région PACA, sont un signe encourageant, qui traduit l’efficacité de la politique d’épuration des eaux et de protection de P. oceanica qui y a été menée; mais il convient de rappeler que la croissance de P. oceanica est très lente (MEINESZ et LEFEVRE, 1984), alors que la régression d’un herbier peut être assez rapide, de telle sorte que, en termes de surface, la superficie totale de l’herbier continue à décliner, même dans cette région.

Le chalutage sur les herbiers profonds à P. oceanica constitue une des causes de leur régression, tout au moins lorsque les rhizomes sont déchaussés (PAILLARD et al., 1993), ce qui est fréquent, en raison du déficit sédimentaire des fonds littoraux méditerranéens (PASKOFF, 1993). En principe, le chalutage est interdit à moins de 3 milles des côtes (France) ou au dessus de l’isobathe des 50 m (Italie, Espagne). Les herbiers à P. oceanica, qui sont généralement situés à moins de 3 milles des côtes et qui sont toujours situés à moins de 50 m de profondeur, devraient donc être préservés du chalutage. En fait, ces règles ne sont pas respectées, comme en témoignent par exemple les traces de chalut décrites par PAILLARD et al. (1993) en rade de Giens (Var). La mise en place de récifs anti-chaluts constitue une solution pour que la législation soit respectée. De tels récifs ont été mis en place sur la Côte Bleue, près de Marseille (BACHET, 1992) et autour de l’île de Nueva Tabarca, près d’Alicante (RAMOS, 1990).

Réimplantations de posidonies

Diverses techniques de réimplantation de Posidonia oceanica ont été mises au point (COOPER, 1976, 1979, 1982 ; CINELLI, 1980 ; GIACCONE et CALVO, 1980 ; MEINESZ et al., 1990, 1992 ; MOLENAAR, 1992 ; MOLENAAR et MEINESZ, 1992 ; MOLENAAR et al., 1993 ; GENOT et al., 1994). Des sites de réimplantations, généralement expérimentaux, totalisant plus de 150 000 boutures, existent en particulier à Marseille, Giens, Cannes, Golfe-Juan, Nice (France continentale), Monaco et Galeria (Corse). La mise au point des techniques de réimplantation apparaît comme une nécessité : la régénération naturelle des herbiers étant très lente (MEINESZ et LEFEVRE, 1984), il pourrait s’avérer nécessaire, dans les secteurs où la régression a été considérable (Genova, Marseille, par exemple) d’accélérer la régénération naturelle par des réimplantations. Naturellement, il conviendrait de s’assurer au préalable que les causes de la régression de l’herbier ont cessé d’agir : les contraintes propres au milieu marin rendent en effet ces réimplantations relativement coûteuses, et il ne serait pas cohérent d’essayer de régénérer quelques hectares d’herbier (en 10 à 50 ans) dans un secteur ou plusieurs hectares d’herbier disparaissent chaque année du fait des activités humaines. Au total, les réimplantations doivent s’intégrer à une stratégie globale de gestion des herbiers prenant en compte les éléments suivants : (1) Surface totale des herbiers existants ; (2) surfaces perdues chaque année du fait de la régression et causes de cette régression ; (3) surfaces gagnées chaque année du fait de la régénération naturelle (si elle existe) ; (4) surfaces que l’on peut espérer gagner par réimplantation, avec un échéancier à 10, 20 et 50 ans ; (5) coût des réimplantations, et comparaison des effets d’un investissement identique alternatif dans la maîtrise des causes de la régression (épuration des eaux, mise en place de récifs anti-chaluts, équipement des mouillages forains, création d’espaces protégés, etc.).

Il existe malheureusement un risque sérieux que la possibilité technique de réimplanter soit détournée de ses objectifs pour servir d’alibi à de nouvelles destructions. Dans plusieurs secteurs, il semble que l’on ait planté pour planter, sans aucune stratégie d’ensemble, au gré de sollicitations liées au désir de se refaire une ‘virginité écologique’. On a planté dans des secteurs où P. oceanica n’existe pas naturellement, et semble ne jamais avoir existé : quelle justification y a-t-il à vouloir tenter de remplacer un fond de sable infralittoral (qui n’a rien d’un désert biologique, ce que certains élus ne savent pas) par quelques touffes de P. oceanica ? On a planté dans des zones où la régression de l’herbier se poursuit rapidement. A Cannes, une partie des réimplantations ont été effectuées dans un herbier stable et ancien à Cymodocea nodosa, autre phanérogame marine également protégée par la loi (arrêté du 19 Juillet 1988). Détruire une espèce protégée pour la remplacer par une autre espèce protégée ne constitue pas, à l’évidence, une stratégie bien cohérente. Plus grave, des réimplantations de P. oceanica ont été proposées comme mesure compensatoire dans le cadre de projets de construction ou d’agrandissement de ports de plaisance. C’est le cas par exemple du projet d’agrandissement du port de Sanary-sur-Mer : en compensation de la destruction (certaine) d’une importante surface d’herbier, il était prévu de planter quelques milliers de boutures dans une zone où rien n’indiquait que des herbiers aient existé dans le passé, ni que P. oceanica soit capable de s’y maintenir, en vue de la reconstitution (éventuelle ; dans un futur indéterminé) d’un herbier. La délibération du Conseil municipal de Sanary-sur-Mer du 6 Août 1992 approuvant ce projet a été ultérieurement annulée par le Tribunal Administratif de Nice (jugement du 3 Décembre 1992).

Du fait de la protection légale de Posidonia oceanica, les opérations de réimplantation, qui impliquent la récolte et le transport de boutures, nécessitent la demande d’une autorisation au Ministère de l’Environnement (CREBASSA, 1992). Jusqu’en 1992, ce dernier a délivré des autorisations permanentes (qui devaient toutefois être validées chaque année) ; ces autorisations ne précisaient pas les dates, quantités concernées et localités. Face à la dérive constatée en matière de réimplantations, le Ministère de l’Environnement (sur avis du Conseil National de Protection de la Nature) a décidé en 1993 de ne plus accorder d’autorisations permanentes. Cependant, des dérogations ponctuelles (avec indication de date, quantité et localité) ont été accordées en 1993 (100 boutures dans le “posidonium” de la baie de La Palud, à Port-Cros, et 1000 boutures à Golfe Juan) et en 1994.

Afin d’éviter que les techniques de réimplantation de Posidonia oceanica ne servent d’alibi à la poursuite de la destruction des herbiers existant, il conviendrait de mettre au point un code de bonne conduite. Les bases de ce code pourraient être les suivantes. (1) Le site précis (et le biotope) de réintroduction ont été autrefois occupés par P. oceanica ; la présence de mattes mortes (enfouies ou non sous le sédiment), ou des cartes anciennes, doivent en témoigner. La réimplantation dans des biotopes qui n’ont pas été occupés autrefois par P. oceanica ne peut être envisagée que si une étude démontre que les conditions du milieu ont été profondément modifiées par un aménagement littoral (réalisé plus de 10 ans auparavant) et sont devenues favorables à P. oceanica; (2) Les causes de la disparition de P. oceanica (pollution, chalutages, ancrages, etc) doivent avoir cessé d’agir ; on doit donc démontrer que les herbiers ou les touffes isolées les plus proches du site ont amorcé un processus de re-colonisation naturelle. (3) La réimplantation ne doit pas se faire à proximité d’herbiers très étendus ; en effet, il n’y a pas lieu de planter pour planter ; il est inutile d’ajouter quelques dizaines ou centaines de m² (0.001 à 0.01 ha) à un herbier de plusieurs centaines ou milliers d’hectares. (4) La réimplantation ne peut se faire en compensation de la destruction d’un herbier ; pour éviter cette dérive, aucune réimplantation ne devrait avoir lieu dans un rayon de 10 km autour d’une destruction délibérée (dans le cadre d’un aménagement littoral), pendant une période de 10 ans ; des dispositions similaires existent en milieu continental, où les zones incendiées sont déclarées inconstructibles. (5) La réimplantation sur le site même d’une destruction provisoire devrait toutefois être autorisée ; c’est le cas de la fermeture d’une tranchée ouverte à l’occasion de fouilles archéologiques, ou de l’ensouillage d’une canalisation. (6) A l’exception du cas particulier qui précède (point 5), toute réimplantation doit être précédée par une réimplantation expérimentale : elle portera sur 200 à 500 boutures (avec éventuellement la comparaison de plusieurs méthodes) ; un suivi scientifique, pendant trois ans, devra démontrer le succès de l’expérience pour que puisse être envisagé une opération de réimplantation à plus grande échelle. (7) Le prélèvement des boutures destinées à la réimplantation ne devrait pas mettre en péril les herbiers existants ; les boutures ne seront prélevées dans un herbier qu’après étude de la dynamique de ramification des rhizomes (production naturelle de nouveaux faisceaux), permettant de déterminer le nombre maximal de boutures susceptibles d’être prélevées par an et par m². L’utilisation de boutures-épaves, théoriquement intéressante, devrait être évitée en raison du caractère irrégulier et imprévisible du succès. (8) Les réimplantations devront s’insérer dans une stratégie globale de gestion des herbiers (voir plus haut).

Conclusions

L’importance écologique et économique des herbiers à Posidonia oceanica est aujourd’hui reconnue de façon consensuelle par les scientifiques, les administrations, les élus et le grand public. Mais, à l’échelle de la Méditerranée, la régression des herbiers se poursuit ; tout au plus convient-il de noter que, en région PACA, la cinétique de ce déclin s’est ralentie au cours des dernières années. La plupart des textes législatifs et des conventions internationales mentionnant P. oceanica n’ont pas eu d’effet concret sur la protection des herbiers. Seule, sa protection légale en tant qu’espèce (France, Catalogne) a eu des effets immédiats. Il ne faut pas méconnaître, toutefois, les difficultés d’application de la loi de protection, face à l’énorme pression de certains élus et des aménageurs (CREBASSA, 1992). Dans le Var (France), l’Association des Maires a demandé en 1993 au Ministre de l’Environnement d’assouplir (donc d’abroger en fait) la loi littorale et la loi de protection de P. oceanica. Ces textes gênent en effet leurs projets de construction de nouveau ports de plaisance ou d’agrandissement des ports existant ; faut-il rappeler que, en région PACA (Camargue exceptée), il y a déjà 134 ports pour 656 km de côtes (MEINESZ et al., 1991), soit en moyenne un port tous les 5 km ? pour les Alpes-Maritimes (Monaco inclus), avec 38 ports pour 119 km de côte, il y a en moyenne un port tous les 3 km. La surface des herbiers à P. oceanica  inclus dans des espaces protégés est très faible, comme d’ailleurs la surface de ces espaces protégés : la surface totale des espaces protégés marins de l’ensemble des côtes méditerranéennes françaises est en effet de 2096 ha, soit beaucoup moins que les 3059 ha gagnés sur la mer (souvent aux dépens des herbiers à Posidonia oceanica dans la seule région PACA (813 ha de ports, 187 ha de plages artificielles et 2059 ha d’endigages : MEINESZ {et al., }1991). La réimplantation de P. oceanica peut constituer un outil utile pour accélérer la régénération naturelle des herbiers, dans des zones où les causes de leur régression auraient cessé d’agir. Mais elle peut s’avérer très dangereuse si elle constitue une fin en soi et un alibi pour masquer de nouvelles destructions. Ce n’est sans doute pas un hasard si ceux qui demandent l’abrogation de la loi littorale et de la protection légale de P. oceanica sont également des partisans des réimplantations.

La protection et la gestion du patrimoine naturel que constituent les herbiers à P. oceanica constituent pourtant un enjeu économique prioritaire : ces herbiers sont garants non seulement des ressources marines exploitées, mais aussi de la qualité globale du milieu marin, et donc du maintien de la fréquentation touristique, dans des régions ou le tourisme constitue une ressource majeure. Certaines régions méditerranéennes, telles la Riviera italienne, n’ont pas compris à temps cette relation, et sont aujourd’hui engagées dans une spirale de déclin du tourisme et de ses revenus.
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Ce document a été publié initialement sous ce même titre et signé par les auteurs suivants : Charles François BOUDOURESQUE, Vincent GRAVEZ, Alexandre MEINESZ, Heike MOLENAAR, Gérard PERGENT et Pierre VITIELLO