Pêches scientifiques dans les salins d’Hyères – NURSERHY

 Les anciens salins d’Hyères (Var, France) abritent un complexe lagunaire d’environ 355 ha. Les enjeux de conservation au sein de ces salins sont nombreux (avifaune, flore, ichtyofaune, etc.). Les salins sont divisés en deux sites présentant un fonctionnement différent :

  • Le salin des Pesquiers au Sud de la ville d’Hyères.
  • Les vieux salins, à l’Est de la ville d’Hyères.

Le programme NURSERHY a pour but de recenser les juvéniles de poisson présents dans les étangs des anciens salins d’Hyères et de mieux comprendre  leur fonctionnement de lagune et de nurserie, notamment pour les espèces dont une partie du cycle de vie dépend de cette phase dans les habitats des étangs littoraux. Les résultats de ces inventaires  est de proposer des mesures de gestion hydraulique en faveur de la circulation des poissons et de meilleurs échanges entre la mer et les étangs.

Les pêches scientifiques ont été réalisées dans les vieux salins et dans le salin des Pesquiers au printemps et à l’automne 2018, dans une vingtaine de stations dans le but de déterminer quelles espèces sont présentes et en quelle quantité. Ces pêches, dont la méthodologie vise à capturer en priorité des juvéniles, ont permis également de récolter de nombreux adultes d’espèces de petite taille comme l’athérine et quelques adultes (anguilles et espèces marines). 

Les pêches ont été réalisées en collaboration avec des pêcheurs professionnels de la prud’homie de Giens et des Salins. Durant ces pêches 3 techniques ont été utilisées : le verveux, la senne de plage et le haveneau. Les captures ont fait l’objet de mesures biométriques telles que le nombre, la taille et la biomasse pour chacune des espèces présentes dans les échantillons. L’utilisation de plusieurs techniques a permis d’accéder aux différents sites et de collecter le plus d’individus et d’espèces représentatifs du milieu étudié.

 

Etude et restauration des salins d’Hyères en tant que socio-écosystème lagunaire: vers une restauration de la continuité écologique et de la fonction de nurserie des salins – SALSA

Le littoral autour de Hyères (Var, France) a connu de nombreuses modifications depuis l’antiquité du fait de l’exploitation du sel. Cette exploitation s’est arrêtée en 1995. Les anciens salins abritent maintenant un complexe lagunaire d’environ 355 ha sur les 900 ha de salins. Les enjeux de conservation au sein de ces salins sont nombreux (avifaune, flore, ichtyofaune, etc.). La conservation des fonctions écologiques de ces anciens salins est au cœur des mesures de gestion du site, néanmoins le compartiment aquatique est aujourd’hui défavorisé par une gestion hydraulique complexe et coûteuse.

 

Le projet SALSA a pour but d’acquérir des informations sur l’écosystème lagunaire et de mieux comprendre le fonctionnement des salins par une approche écosystémique. Des pêches expérimentales seront réalisées en 2019 pour évaluer le peuplement de poissons juvéniles et une enquête historique menée en 2018 a permis de retrouver l’histoire du fonctionnement passé de la pêcherie des salins. Ces objectifs ont été mis en place dans le cadre d’une demande d’accompagnement scientifique des gestionnaires pour considérer au mieux l’ensemble des enjeux piscicoles dans les mesures de gestion/restauration.

Les salins sont divisés en deux zones distinctes :

  • Le salin des Pesquiers au Sud de la ville d’Hyères.
  • Les vieux salins, à l’Est de la ville d’Hyères.

Plusieurs scénarios de gestion/restauration seront élaborés avec les gestionnaires des sites : le Conservatoire du Littoral, Toulon Provence Méditerranée, le Parc national de Port-Cros, grâce à la mise en place de groupes de travail ‘connaissance’ et ‘gestion’. Le travail de mise en relation des connaissances avec les problématiques de gestion vise à une meilleure prise en considération du compartiment aquatique dans le nouveau plan de gestion des salins d’Hyères. Des tests de mise en œuvre opérationnelle seront faits en 2019 en agissant sur la circulation de l’eau dans les salins et en testant la faisabilité d’un éclusage des poissons aux périodes d’entrée/sortie dans les étangs. Ce projet d’une période de 3 ans a commencé en octobre 2017 et se terminera en mars 2020 par un colloque dédié à la gestion écosystémique.

Adrien Lyonnet 

Etude de la fonctionnalité de nurserie de l’étang de Berre et évaluation d’un besoin de restauration écologique – JUVABERRE

L’industrialisation du pourtour de l’étang de Berre (Bouches du Rhône, France) au cours du XXème siècle a conduit à une profonde modification de cet écosystème lagunaire. Une des principales modifications observées a été la régression extrêmement importante des herbiers à magnoliophytes (zostères) présents dans l’étang. Ces herbiers occupaient 8000 ha en 1916, il n’y en avait plus que 1.2 ha en 2009. En 1994, puis en 2004, dans le cadre du plan Barnier, une régulation des rejets d’eaux douces de la station hydro-électrique de Saint-Chamas a été mise en place. Cette mesure a eu pour effet d’en limiter les impacts sur les différents habitats de l’étang. Entre 2009 et 2010, le projet ICHTYOBERRE (inventaire par pêches scientifiques) a permis de montrer que le peuplement en poissons est principalement dominé par des espèces sédentaires, dont des juvéniles d’espèces dont le cycle de vie s’accomplit partiellement en milieu lagunaire (anguilles, loups, dorades, muges). Ces dernières années de nombreux juvéniles ont été observés dans l’étang de Berre.

Ces observations ont inspiré le montage du programme JUVABERRE. Ce programme a pour objectif de réaliser des recensements de juvéniles dans les différentes catégories d’habitats présentes dans les petits fonds du pourtour de l’étang de Berre. Des recensements seront également faits sur des habitats artificiels en acier et en bois utilisés en tant qu’unités d’observation standardisée dans différentes lagunes méditerranéennes. Il s’articule autour de 3 axes de travail :

  • Evaluer la présence de juvéniles dans les différents habitats d’un point de vue qualitatif et quantitatif;
  • Comparer ces résultats et la qualité de nurserie de l’étang de Berre par rapport à d’autres lagunes méditerranéennes;
  • Proposer une stratégie d’optimisation de la fonctionnalité de nurserie de l’étang.

Les résultats de ce projet permettront d’apporter des éléments de compréhension quant au potentiel de l’étang de Berre à contribuer au maintien et au renouvellement des peuplements de poissons côtiers. L’évaluation de cette fonction de nurserie apparaît également comme étant un bon moyen d’évaluer l’état global du milieu ainsi que sa réhabilitation.

Ce projet qui a démarré au printemps 2018, se terminera à la fin de l’année 2019.

Adrien Lyonnet

Ruppia spiralis in a Mediterranean lagoon habitat (Hyères salt marshes, France): an ecosystem-based approach for management

Télécharger (PDF, 1.85MB)

Poster présenté au congrès COAST 2017 et 17ème symposium franco-japonais d’océanologie (7-10 novembre 2017, Bordeaux). Ce congrès était dédié à l’évolution systémique et de la biodiversité des écosystèmes marins côtiers sous la pression du changement climatique et des facteurs naturels et anthropiques.

http://colloquebordeaux2017.socfjp.com

Les peuplements lagunaires d’algues “rouges” et “brunes” libres

Cet article fait partie d’une grande série sur le thème des végétaux, peuplements et paysages marins menacés de Méditerranée. L’ensemble de ce travail a été publié en 1990 sous la forme d’un ’Livre Rouge’ dans les Séries techniques du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (voir référence complète ci-dessous).

Structure et dynamique

Les sites lagunaires, généralement à fond sablo-vaseux, abritent des peuplements d’algues “rouges” et “brunes” libres assez denses ; les espèces fixées, plus diversifiées et beaucoup moins importantes quantitativement, se localisent sur les quelques substrats durs des rivages.

La composition de la végétation des lagunes et des étangs saumâtres de Méditerranée dépend de leur localisation géographique. Les Gracilaria (différentes espèces) surtout, puis les Rytiphlaea tinctoria (Clemente) Agardh, Soliera chordalis J. Agardh (Agardh), Radicilingua thysanorhizans (Holmes) Papenfuss, Chondria tenuissima (Goodenough et Woodward) C. Agardh, Lophosiphonia subadunca (Kützing) Falkenberg etc… constituent les principales espèces d’algues rouges libres des lagunes méditerranéennes ; les principales algues brunes libres sont des Ectocarpaceae avec différentes espèces d’Ectocarpus et de Giffordia, des Colpomenia, des Stictyosiphon, etc. Des Chlorophyceae libres sont également présents : Chaetomorpha linum (Müller) Kützing, Ulva sp. p et Enteromorpha sp. p. Certaines algues rouges lagunaires ont un intérêt économique.

Le développement de ces peuplements lagunaires libres est saisonnier. Les individus, fixés dès leur jeune âge aux divers petits substrats (coquilles, cailloux, autres algues, etc) se détachent par la suite pour former des touffes denses pouvant occuper des surfaces de plusieurs mètres carrés. En fonction des vents, de la houle, des courants et de la profondeur des sites, les touffes d’algues libres se déplacent d’un endroit à un autre.

Ainsi, les données concernant ces peuplements, dans un secteur donné, sont presque toujours ponctuelles dans le temps, de telle sorte que le suivi de leur évolution s’avère difficile. De plus, peu d’études ont été consacrées à leur écologie et à leur dynamique (SCHAUB, 1986 ; CASABIANCA et al., 1972-1973 ; MERCIER, 1973 ; BEN MAIZ, 1986 ; BELKHIRIR et HADJ-ALI-SALEM, 1981).

Distribution géographique

Les lagunes littorales hébergeant des peuplements d’algues rouges et brunes libres sont présentes le long de la plupart des côtes méditerranéennes :

en Espagne : delta de l’Ebre ;

en France : étangs de la côte languedocienne et de la côte orientale de Corse ;

et en Italie, en Tunisie, etc…

Menaces

La pollution des eaux et les rejets industriels constituent actuellement la principale menace qui pèse sur les peuplements lagunaires d’algues rouges et brunes libres.

La diminution de la transparence de l’eau réduit la profondeur à laquelle peuvent se développer ces peuplements.

L’eutrophisation provoque la régression des algues rouges et brunes et l’expansion d’algues vertes nitrophiles. En période chaude, la décomposition de ces algues peut provoquer l’anoxie et des mortalités massives d’espèces animales. Des phénomènes d’eaux rouges peuvent également se produire.

Cet article est issu d’un travail réalisé pour le Programme des Nations Unies pour l’Environnement et l’IUCN par les GIS Posidonie en Collaboration avec de nombreux chercheurs méditerranéens et publié sous le titre : Livre Rouge “Gérard Vuignier” des végétaux, peuplements et paysages marins menacés de Méditerranée. 250p. Par BOUDOURESQUE C.F., BALLESTEROS E., BEN MAIZ N., BOISSET F., BOULADIER E., CINELLI F., CIRIK S., CORMACI M., JEUDY DE GRISSAC A., LABOREL J., LANFRANCO E., LUNDBERG B., MAYHOUB H., MEINESZ A., PANAYOTIDIS P., SEMROUD R., SINNASSAMY J.M., SPAN A., VUIGNIER G., 1990. MAP Technical Reports Series N°43, UNEP, Athens, PNUE, IUCN & GIS Posidonie.