Etude de la fonctionnalité de nurserie de l’étang de Berre et évaluation d’un besoin de restauration écologique – JUVABERRE

L’industrialisation du pourtour de l’étang de Berre (Bouches du Rhône, France) au cours du XXème siècle a conduit à une profonde modification de cet écosystème lagunaire. Une des principales modifications observées a été la régression extrêmement importante des herbiers à magnoliophytes (zostères) présents dans l’étang. Ces herbiers occupaient 8000 ha en 1916, il n’y en avait plus que 1.2 ha en 2009. En 1994, puis en 2004, dans le cadre du plan Barnier, une régulation des rejets d’eaux douces de la station hydro-électrique de Saint-Chamas a été mise en place. Cette mesure a eu pour effet d’en limiter les impacts sur les différents habitats de l’étang. Entre 2009 et 2010, le projet ICHTYOBERRE (inventaire par pêches scientifiques) a permis de montrer que le peuplement en poissons est principalement dominé par des espèces sédentaires, dont des juvéniles d’espèces dont le cycle de vie s’accomplit partiellement en milieu lagunaire (anguilles, loups, dorades, muges). Ces dernières années de nombreux juvéniles ont été observés dans l’étang de Berre.

Ces observations ont inspiré le montage du programme JUVABERRE. Ce programme a pour objectif de réaliser des recensements de juvéniles dans les différentes catégories d’habitats présentes dans les petits fonds du pourtour de l’étang de Berre. Des recensements seront également faits sur des habitats artificiels en acier et en bois utilisés en tant qu’unités d’observation standardisée dans différentes lagunes méditerranéennes. Il s’articule autour de 3 axes de travail :

  • Evaluer la présence de juvéniles dans les différents habitats d’un point de vue qualitatif et quantitatif;
  • Comparer ces résultats et la qualité de nurserie de l’étang de Berre par rapport à d’autres lagunes méditerranéennes;
  • Proposer une stratégie d’optimisation de la fonctionnalité de nurserie de l’étang.

Les résultats de ce projet permettront d’apporter des éléments de compréhension quant au potentiel de l’étang de Berre à contribuer au maintien et au renouvellement des peuplements de poissons côtiers. L’évaluation de cette fonction de nurserie apparaît également comme étant un bon moyen d’évaluer l’état global du milieu ainsi que sa réhabilitation.

Ce projet qui a démarré au printemps 2018, se terminera à la fin de l’année 2019.

Adrien Lyonnet