BABYCROS : Localisation et caractérisation des habitats de nurserie sur le territoire du Parc national de Port-Cros

Les zones d’alimentation et de croissance des postlarves et des juvéniles des poissons, avant qu’ils ne gagnent les habitats occupés par les adultes, sont assez mal connues. Pour beaucoup d’espèces côtières elles se situent dans quelques mètres d’eau. De nombreux habitats côtiers ont été détruits par ignorance de leur rôle fonctionnel.

Les petits fonds côtiers sont caractérisés par une mosaïque d’habitats et des conditions physico-chimiques (température, salinité, lumière, hydrodynamisme) extrêmement contrastées selon les saisons et les sites. Ils sont peu étudiés entre 0 et 5 m de profondeur. Ces fonds sont le lieu privilégié de refuge et de croissance d’un grand nombre d’espèces de poissons au stade juvénile. Leur séjour près du bord, à faible profondeur est rendu possible par des conditions d’habitat et d’environnement particulières et favorables à une période donnée, qui leur confèrent la fonction de nurserie pendant une durée variable, selon les espèces, de quelques semaines à quelques mois. Différentes espèces de poissons (mais pas toutes) présentes sur le littoral utilisent les petits fonds côtiers lors de leur stade de vie juvénile. Chacune a ses préférences en termes d’habitat, de saison, de qualité du milieu.

Le site d’étude correspond au territoire du Parc national de Port-Cros, aussi bien en cœur de Parc qu’en aire maritime adjacente : entre La Garde et Ramatuelle. Les petits fonds côtiers (entre 0 et 5 m de profondeur) du continent et des îles sont prospectés et étudiés dans différentes stations réparties sur ce linéaire côtier.

Les objectifs du programme BABYCROS sont :

  • d’améliorer les connaissances sur le peuplement de poissons juvéniles présent sur la côte et les îles à partir d’une caractérisation des habitats de nurserie favorables à ces espèces le long du littoral ;
  • localiser et caractériser (espèces/peuplement, type d’habitats, saison, etc.) les zones de nurserie ;
  • fournir une cartographie ‘de sensibilité’ des habitats de nurserie.

Ce travail a pour objectif d’alimenter la réflexion du Parc national, des Comités régional et départemental des pêches et des prud’homies de la zone et de contribuer à une meilleure connaissance des Zones Fonctionnelles Halieutiques en vue d’une protection et d’une co-gestion de celles-ci. Le programme BABYCROS bénéficie d’un soutien financier du FEAMP GALPA GALICA et de la région SUD.

Un programme d’actions pour le bon état de conservation des habitats naturels marins – MarHa

L’Agence Française pour la Biodiversité porte le programme LIFE intégré MarHa d’une durée de 8 ans comprenant 11 partenaires, scientifiques et gestionnaires, dont le GIS Posidonie, afin de rétablir et maintenir le bon état de conservation des habitats naturels marins qui abritent une importante biodiversité et nous rendent de nombreux services. Le projet mobilise l’ensemble des acteurs du réseau Natura 2000 en mer : professionnels, usagers, gestionnaires et scientifiques.

 

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Des récifs de posidonie en Méditerranée française

Peu de gens le savent, mais en Méditerranée il existe des formations bio-construites à partir d’une plante, la posidonie, qui jouent un rôle écologique et de protection de la côte équivalent à celui des récifs coralliens. Les formations récifales de posidonie sont des structures morphologiques particulières des herbiers de posidonie. Dans les baies calmes et abritées, l’herbier, au cours du temps, et simultanément à la montée lente du niveau marin et de la matte sous-jacente, a pu se développer très près de la surface pour former des récifs barrières de posidonie. Il s’agit d’une formation construite par l’herbier dont la partie proximale des feuilles émerge de la surface, au moins à marée basse, en particulier au printemps et au début de l’été, lorsque la longueur de la feuille est à son maximum. Ces récifs sont considérés comme de véritables monuments patrimoniaux naturels. Ils font actuellement l’objet d’un recensement sur les côtes françaises par le GIS Posidonie.

Elodie Rouanet

Etude de la fonctionnalité de nurserie de l’étang de Berre et évaluation d’un besoin de restauration écologique – JUVABERRE

L’industrialisation du pourtour de l’étang de Berre (Bouches du Rhône, France) au cours du XXème siècle a conduit à une profonde modification de cet écosystème lagunaire. Une des principales modifications observées a été la régression extrêmement importante des herbiers à magnoliophytes (zostères) présents dans l’étang. Ces herbiers occupaient 8000 ha en 1916, il n’y en avait plus que 1.2 ha en 2009. En 1994, puis en 2004, dans le cadre du plan Barnier, une régulation des rejets d’eaux douces de la station hydro-électrique de Saint-Chamas a été mise en place. Cette mesure a eu pour effet d’en limiter les impacts sur les différents habitats de l’étang. Entre 2009 et 2010, le projet ICHTYOBERRE (inventaire par pêches scientifiques) a permis de montrer que le peuplement en poissons est principalement dominé par des espèces sédentaires, dont des juvéniles d’espèces dont le cycle de vie s’accomplit partiellement en milieu lagunaire (anguilles, loups, dorades, muges). Ces dernières années de nombreux juvéniles ont été observés dans l’étang de Berre.

Ces observations ont inspiré le montage du programme JUVABERRE. Ce programme a pour objectif de réaliser des recensements de juvéniles dans les différentes catégories d’habitats présentes dans les petits fonds du pourtour de l’étang de Berre. Des recensements seront également faits sur des habitats artificiels en acier et en bois utilisés en tant qu’unités d’observation standardisée dans différentes lagunes méditerranéennes. Il s’articule autour de 3 axes de travail :

  • Evaluer la présence de juvéniles dans les différents habitats d’un point de vue qualitatif et quantitatif;
  • Comparer ces résultats et la qualité de nurserie de l’étang de Berre par rapport à d’autres lagunes méditerranéennes;
  • Proposer une stratégie d’optimisation de la fonctionnalité de nurserie de l’étang.

Les résultats de ce projet permettront d’apporter des éléments de compréhension quant au potentiel de l’étang de Berre à contribuer au maintien et au renouvellement des peuplements de poissons côtiers. L’évaluation de cette fonction de nurserie apparaît également comme étant un bon moyen d’évaluer l’état global du milieu ainsi que sa réhabilitation.

Ce projet qui a démarré au printemps 2018, se terminera à la fin de l’année 2019.

Adrien Lyonnet

Etude et caractérisation de la fréquentation maritime et de son impact sur l’herbier de posidonie, le peuplement de poissons et le balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus) dans la réserve marine de Scandola (Corse) – INTERREG GIREPAM

Les aires marines protégées, telles que la réserve naturelle de Scandola (Corse), sont confrontées à des enjeux de gestions importants. Ces enjeux concernent des zones géographiques abritant des habitats et des espèces avec un fort intérêt biologique mais également patrimonial. Ce faisant les gestionnaires de ces réserves ont un réel besoin de connaissance sur les usages pratiqués dans la zone. Le maintien et/ou le développement des usages doit se faire en prenant en compte la biodiversité ainsi que l’exploitation des ressources halieutiques si on veut qu’ils soient durables. L’évaluation de la fréquentation d’un site permet de qualifier, et de quantifier, les pressions engendrées sur les différents habitats pour chacun des usages. Cela permet de les intégrer du mieux possible dans les plans de gestions. 

Cette étude réalisée avec le Parc Naturel Régional de Corse, dans le cadre du programme européen INTERREG GIREPAM, a pour objectif principal :

  • De fournir des données à différentes échelles spatiales et temporelles sur la fréquentation de la réserve naturelle de Scandola (Corse). Cela sera permis par l’utilisation croisée de différentes méthodes d’évaluation de la fréquentation;
  • D’évaluer les impacts potentiels à partir de différents descripteurs mesurés sur les communautés pouvant être impactées. Cette évaluation sera faite à l’aide de plusieurs métriques et indicateurs. Les communautés concernées sont : l’herbier de posidonie, les peuplements de poissons et la population de Balbuzard pêcheur présent dans la réserve.

Le recoupement de l’ensemble des informations collectées permettra d’évaluer au mieux les pressions liées à la fréquentation dans la réserve naturelle de Scandola.

Ce projet commencé en 2018 a une durée de 2 ans et se terminera fin 2019.

Adrien Lyonnet

How to characterize SCUBA diving sites for regional and local-scale management needs ?

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Poster présenté au congrès COAST 2017 et 17ème symposium franco-japonais d’océanologie (7-10 novembre 2017, Bordeaux). Ce congrès était dédié à l’évolution systémique et de la biodiversité des écosystèmes marins côtiers sous la pression du changement climatique et des facteurs naturels et anthropiques.

http://colloquebordeaux2017.socfjp.com

Du fonctionnement des écosystèmes benthiques à l’aquaculture

Les oursins sont présents dans toutes les mers du globe, de l’Arctique aux eaux australes en passant par les récifs coralliens et la Méditerranée. Ils ont colonisé les fonds des zones littorales jusqu’aux zones abyssales. Leur relation avec les hommes est très ancienne puisque depuis la préhistoire les hommes consomment des oursins que ce soit en Asie, particulièrement au Japon, en Europe, surtout en France, ou en Amérique où leurs restes s’observent dans les sites précolombiens. Plus que pour leur intérêt écologique ou comme modèle physiologique, les oursins sont donc souvent connus pour leur qualité gustative et leur place dans les recettes culinaires (on se rappellera qu’Apicius raffolait du corail d’oursin, dont il farcissait les tétines de truie).

Un mets très recherché

Pour répondre à une demande mondiale grandissante, la pêche, au départ traditionnelle dans les zones de consommations coutumières, s’est transformée au cours du XXème siècle en une pêche organisée voire industrielle atteignant plus de 140 000 tonnes par an au coeur des années 1990s. La cause principale de cette demande croissante est la mode des sushis qui inonde les pays industrialisés (sushi Uni), ou l’engouement en Europe pour ce qui est considéré comme la truffe de la mer (se vendant à Paris jusqu’à 6€ pièce dans les meilleures brasseries de la capitale). Cette mode est relayée par de grands chefs mettant à l’honneur ce mets délicat. Les différents genres d’oursins comestibles répartis dans les eaux de toutes les mers du monde (Strongylocentrotus, Loxechinus, Lytechinus, Tripneustes, Paracentrotus) sont donc l’objet de toutes les pressions de pêche qu’elle soit professionnelle ou en amateur. Le succès entraîne souvent des conséquences négatives et les stocks diminuent alors régulièrement et drastiquement dans de nombreux sites, engendrant des baisses de production.

Une ressource en danger

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En France, Paracentrotus lividus est l’espèce phare exploitée, que ce soit en Bretagne ou sur les côtes méditerranéennes. La diminution, voire l’effondrement, des populations, qu’elle soit due à la pêche ou à des mortalités massives, inquiète les pêcheurs professionnels, qui en vivent depuis le milieu des années 1980s. Les scientifiques sont mis alors à contribution pour essayer de répondre aux interrogations des usagers et pour proposer des solutions. Ces scientifiques, venant de toute la France sous la baguette des chercheurs marseillais déjà fédérés dans le GIS Posidonie, présentent les résultats de leur recherche et échangent avec les professionnels et les institutionnels grâce à l’organisation d’un colloque à Carry le Rouet en 1987 (Fig.2). L’enjeu est d’estimer les stocks, de comprendre les causes des mortalités, et d’analyser le rôle de ces échinodermes dans le fonctionnement des écosystèmes en étudiant les relations trophiques.

Fig. 1 : Actes du colloque de Carry-le-Rouet, 1987.

Des solutions proposées

Des solutions classiques sont bien sûr mises en oeuvre, en France mais également dans d’autres pays, avec une réglementation plus ou moins stricte de la pêche afin de préserver les stocks. La règlementation porte généralement sur les périodes de collecte, les quotas de pêche autorisés et la taille minimale à respecter, que ce soit pour les professionnels ou la pêche de loisir. Mais, d’autres solutions plus novatrices font l’objet d’études approfondies durant plus de 25 ans. On citera tout d’abord, la plus simple, à savoir la transplantation d’individus de zones riches en oursins mais souvent insalubres et donc non exploitées, vers des zones propices à la croissance et ‘propres’. Dans ces essais, réalisés en particulier à Marseille, il est important d’analyser les capacités des zones d’accueil pour ne pas engendrer de surpopulation de ces herbivores, ayant des conséquences néfastes sur les macrophytes. L’objectif est aussi de déterminer le parcage
nécessaire pour aboutir à une décontamination des oursins avant commercialisation.

Plus complexe, le repeuplement, inspiré du sea-ranching japonais qui associe intimement aquaculteurs et pêcheurs. Les premiers assurent la ponte, la fécondation et l’élevage larvaire des oursins jusqu’à leur métamorphose, les seconds sèment, dans des zones bien précises, des milliers voire des millions de jeunes oursins issus de l’élevage pour les laisser se développer et grossir jusqu’à la pêche quelques années après. Pour que le sea-ranching soit plus efficace, l’introduction des jeunes oursins est parfois accompagnée d’un aménagement de la zone afin de la rendre propice au grossissement grâce à des plantations d’algues ou des constructions de récifs artificiels. Cette méthode est utilisée maintenant à plus ou moins grande échelle dans plusieurs pays comme le Japon, la Chine, les USA ou le Chili et est toujours à l’étude pour certaines zones de Méditerranée française.

Mais c’est l’aquaculture qui mobilise le plus les chercheurs. Ces recherches sont menées simultanément dans le monde entier sur plusieurs espèces d’oursins comestibles avec les mêmes contraintes et les mêmes questionnements. En France, c’est en Atlantique que les premiers essais ont lieu. Des toboggans en circuit fermé et un apport en algues fraîches permettent d’obtenir une croissance assez rapide des oursins. Mais, étant donné que l’approvisionnement en algues fraiches n’est pas aisé dans toutes les zones, les chercheurs menant les essais en Méditerranée, comme dans de nombreux autres pays, optent pour la mise au point d’aliment artificiel. Le défi est de trouver une composition permettant d’obtenir un aliment capable de se maintenir dans l’eau plusieurs heures voire plusieurs jours sans délitement, et engendrant une bonne croissance somatique mais aussi une croissance gonadique importante. Les résultats obtenus dans les années 1990s montrent que, techniquement, l’élevage est possible, mais avec une croissance somatique lente qui rend l’élevage difficile. Et si les aliments artificiels ont l’avantage d’engendrer des gonades très développées tout au long de l’année, les qualités organoleptiques de ces oursins d’élevage (fermeté, couleur, goût) ne sont pas toujours équivalentes à celles des oursins issus du milieu naturel. Beaucoup investissent donc pour trouver une solution permettant de pallier ces défauts. Parallèlement à ces expérimentations à terre, des essais en cages en mer ont aussi eu lieu. En particulier des élevages mixtes oursins/saumons en Ecosse. Malgré cela, l’élevage massif d’oursins n’est pas encore opérationnel à ce jour. On notera tout de même la production d’un aliment spécifique aux oursins aux USA, un brevet d’élevage en mer en cagettes en Irlande ou un petit élevage à terre opérationnel à l’île de Ré. Compte tenu de l’enjeu, les recherches sont toujours en cours aux 4 coins de la planète, et permettront d’aboutir dans un futur peut-être proche.

6_Fernandez_Paracentrotus lividus_roche 10m_algues_Fig36_Fernandez_IMG_1031_P. lividus_paturage_Fig3 Fig. 2 : A gauche : oursin P. lividus sur d’algues photophiles à 10 m de profondeur, caractéristique de la côte méditerranéenne française. A droite : les oursins P. lividus ont consommé les algues fixées à la roche découvrant un faciès dit de ‘surpâturage’.

Un équilibre complexe et fragile

Pour pouvoir gérer correctement les ressources, il est nécessaire d’acquérir les connaissances fondamentales sur les différentes espèces. Parallèlement au travail sur la pêche et l’aquaculture, les chercheurs s’investissent pour comprendre le rôle des oursins dans le fonctionnement des écosystèmes en se basant sur des études de populations d’oursins in situ. Les premiers travaux, menés en partie par des chercheurs du GIS Posidonie, portent sur les relations trophiques macrophytes/oursins. Il est montré que les oursins sont des herbivores ayant des préférences alimentaires strictes qui consomment prioritairement des espèces dites ‘préférées’ (souvent des algues brunes) et délaissent des espèces ‘évitées’.

Par leur broutage ils sont donc déterminants dans la dynamique des macrophytes et dans le façonnage des paysages sous-marins. Lorsque les oursins sont très abondants, ils peuvent totalement éliminer les algues dressées et induire des zones dénudées dominées par les algues encroûtantes, réduisant ainsi la biodiversité et les fonctions écosystémiques (Fig. 3). L’abondance des oursins peut donc déterminer la composition, la structure et la persistance des communautés benthiques, qui seront dominées par de grandes macroalgues ou des communautés surpâturées. Le contrôle des populations d’oursins, comme Paracentrotus lividus, est donc fondamental pour comprendre la structuration des communautés benthiques. Le contrôle top-down (de haut en bas) par les poissons prédateurs est mis en évidence grâce à des observations entre aires marines
protégées et non protégées. Mais il semble que d’autres facteurs à basse fréquence comme les maladies ou les évènements extrêmes (e.g. tempêtes, inondations) aient des répercutions très importantes sur les populations de cette espèce clé. Suivre les populations d’oursins à long terme avec des fréquences régulières est donc un élément essentiel, qui doit s’appuyer sur les aires marines protégées comme celles de Carry le Rouet ou de Port-Cros pour mieux connaître le fonctionnement des écosystèmes.

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Fig. 3 : L’oursin Sphaerechinus granularis

Auteur : Catherine Fernandez

Retrouvez cette article dans l’ouvrage du GIS Posidonie “Plus de 30 ans au service de la protection et de la gestion du milieu marin“.

Posidonia oceanica : une forêt sous la mer

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L’herbier à Posidonia oceanica est aujourd’hui considéré comme un des écosystèmes les plus importants, voire l’écosystème-pivot de l’ensemble des espaces littoraux méditerranéens. Ces herbiers, patrimoines millénaires, sont actuellement menacés : les sites les plus facilement accessibles à l’homme ont été urbanisés au cours de ce dernier siècle et c’est, dans certaines zones, une grande partie des petits fonds littoraux qui sont irrémédiablement perdus.

Données générales sur l’herbier à Posidonia oceanica

La Posidonie (Posidonia oceanica (Linnaeus) Delile) est une phanérogame marine de la famille des Potamogetonaceae endémique de la Méditerranée. Elle constitue d’immenses prairies sous-marines, appelées herbiers, qui se développent depuis la surface jusqu’à 30 à 40 m de profondeur. La formation des herbiers, leur dynamique et leur densité dépendent étroitement du milieu environnant : nature du substrat sur lequel elles se fixent, force et direction des courants sous-marins, profondeur, qualité des eaux, etc. L’herbier à P. oceanica forme une ceinture quasi-continue tout autour de la Méditerranée occidentale, interrompue localement au niveau des estuaires des grands fleuves et de leur zone d’épandage.

Les feuilles de Posidonia oceanica mesurent généralement 40 à 80 cm de long et 1 cm de large ; Elles sont groupées en faisceaux de 4 à 8 feuilles environ. Chacun de ces faisceaux de feuilles est situé à l’apex d’un axe, appelé rhizome, qui croît horizontalement ou verticalement en fonction de l’espace disponible, de la lumière et de l’importance des apports sédimentaires. Les rhizomes et les racines constituent de véritables pièges à sédiments ; peu putrescibles, ils édifient ce que l’on appelle les mattes, stabilisant ainsi les fonds meubles. Ces mattes peuvent atteindre une épaisseur de 8 m, à raison d’un mètre par siècle. La dégradation accidentelle de ces mattes peut signifier, localement, la mort de l’herbier par écroulement, érosion et bris des plants.

Si la floraison est plus fréquente qu’on a pu le croire, la maturation des graines semble relativement rare et Posidonia oceanica se reproduit surtout par bouturage. En effet, des rhizomes, cassés lors des tempêtes et emportés par les courants, peuvent recoloniser d’autres fonds et former de nouvelles touffes.

Importance de l’écosystème à Posidonia oceanica

L’herbier à Posidonia oceanica est aujourd’hui considéré comme un des écosystèmes les plus importants, voire l’écosystème-pivot de l’ensemble des espaces littoraux méditerranéens. Au même titre que la forêt en milieu terrestre, l’herbier à P. oceanica est le terme ultime d’une succession de peuplements et sa présence est la condition sine qua non de l’équilibre écologique de beaucoup de fonds littoraux méditerranéens :

  • L’herbier intervient sur la qualité des eaux littorales, grâce à une importante production d’oxygène et sur leur transparence par le piégeage de sédiments
  • L’herbier se trouve à la base de nombreuses chaînes alimentaires, par la production de biomasse végétale (dont une partie est exportée vers d’autres milieux) et par la production de biomasse animale. Cette formidable production a pour effet d’attirer et de concentrer une faune variée, souvent d’intérêt économique pour la zone littorale concernée.
  • l’herbier constitue un lieu de gîte, de frayère et de nurserie pour de nombreuses espèces animales qui y trouvent nourriture et protection.
  • L’herbier joue également un rôle fondamental dans la protection hydrodynamique de la frange côtière et des plages, par atténuation de la puissance des vagues et des courants et stabilisation des fonds sableux. Sans cette protection contre l’érosion, le trait de côte actuel serait probablement fortement modifié.

Au total, l’ensemble des travaux scientifiques consacrés à l’herbier à Posidonia oceanica, ainsi que les observations des différents services en charge de l’aménagement, de la gestion et de la protection du littoral, font apparaître que la préservation des herbiers est un élément majeur du maintien des équilibres littoraux méditerranéens, tant biologiques que physiques.

Un équilibre menacé

A partir du début des années 1970s, les scientifiques et les administrations concernés par la gestion des espaces littoraux ont pris conscience de la régression quasi-générale de l’herbier à Posidonia oceanica sur le littoral de la Méditerranée Nord-occidentale, notamment aux abords des agglomérations et des zones portuaires. En effet, l’accroissement constant des activités humaines sur le littoral constitue un facteur de déstabilisation de l’équilibre, jusqu’alors établi, du milieu marin. On peut avancer plusieurs causes à ce phénomène :

  • Modification des courants et des bilans sédimentaires aux abords des côtes par les aménagements des ports, des digues et des plages gagnés sur la mer ;
  • Altération de l’herbier, souvent suivie d’une érosion, due aux engins de pêche traînants (chaluts, ganguis), aux mouillages aménagés et mouillages forains (navigation de plaisance) ;
  • Augmentation de la turbidité des eaux par les rejets en mer qui entraînent d’une part une diminution de la photosynthèse en profondeur en perturbant la pénétration de la lumière dans l’eau et qui favorisent d’autre part une eutrophisation des eaux responsable de blooms phytoplanctoniques ;
  • Pollution des eaux par les rejets en mer, action des détergents, du mercure, etc.

L’herbier à Posidonia oceanica, patrimoine millénaire, est actuellement menacé : les sites les plus facilement accessibles à l’homme ont été urbanisés au cours de ce dernier siècle et c’est, dans certaines zones, une grande partie des petits fonds littoraux qui sont irrémédiablement perdus. L’urgence d’une protection et d’une gestion raisonnée du domaine littoral et des herbiers de phanérogames marines a débouché sur des initiatives concrètes au niveau communautaire, national, régional et local :

  • (i) prise en considération de l’herbier à Posidonia oceanica dans le cadre de la conservation des habitats naturels (Directive Européenne du 21 mai 1992 – 92/43/CEE). Les herbiers marins sont également pris en compte par l’Unesco, depuis la conférence de Rio en 1992 ;
  • (ii) arrêtés de protection de Posidonia oceanica et Cymodocea nodosa (19 juillet 1988, J.O. du 9 août 1988) et de Zostera marina et Z. noltii (9 mai 1994, J.O. du 26 juillet 1994) et prise en compte des herbiers dans le décret d’application de la “loi littoral” du 20 septembre 1989. La présence d’herbiers doit également être pris en considération dans les dossiers d’aménagement et les études d’impact ;
  • (iii) mise en place en 1984 du Réseau de Surveillance Posidonies (RSP), à l’initiative du Conseil Régional. La surveillance s’effectue sur 24 sites, le long du littoral de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, et depuis 1993 sur 6 nouveaux sites ;
  • (iv) enfin, mise en place de systèmes de surveillance de l’herbier à l’échelle locale, par certaines municipalités (par exemple en rade de Marseille, Golfe de Giens et Baie de Cassis).

Vincent Gravez

Code de bonne conduite pour les techniques de restauration des fonds marins

Si des techniques de restauration existent (et a fortiori si elles ne sont pas réellement au point), il convient d’éviter leur utilisation anarchique et abusive : réimplantations de Posidonia oceanica comme alibi à des destructions liées à de nouveaux aménagements, immersion de décombres rebaptisés “récifs artificiels”, mise en place de récifs artificiels dans des sites non appropriés, etc.

Le problème se pose très concrètement dans le cas de Posidonia oceanica, en France, où des collectivités locales pourraient être tentées de contourner la loi de protection de P. oceanica en proposant des réimplantations au succès hypothétique en compensation de destructions bien réelles. Quelques principes pouvant constituer les bases d’un code de bonne conduite sont préconisés ci-dessous :

(1) le site et le biotope de réintroduction ont été autrefois occupés par l’espèce réintroduite;

(2) les causes de la disparition de l’espèce, que l’on voudrait  réintroduire sur le site, ont cessé d’agir : pollution, surpêche, pression humaine, etc.;

(3) la réintroduction ne se fait pas à proximité d’une population survivante importante (éviter de “réintroduire pour réintroduire”);

(4) les connaissances sur la biologie de l’espèce (dynamique des populations, biologie de la reproduction, etc.) permettent de penser que la réintroduction a des chances de succès;

(5) la réintroduction ne peut pas se faire en compensation de la destruction d’une population de la même espèce. Pour éviter une telle dérive, il est décidé que, dans un rayon de 10 km autour d’une destruction délibérée (dans le cadre d’un aménagement du littoral), aucune réintroduction ne peut être réalisée pendant une période de 10 ans;

(6)
le prélèvement d’individus destinés à la réintroduction ne doit pas mettre en péril la population-source.

(7) les individus destinés à la réintroduction ou au renforcement doivent provenir d’une population génétiquement identique (ou proche) de celle qui a occupé la région où est projetée la réintroduction;

(8) les techniques de réintroduction (ou de renforcement des populations) ne doivent pas constituer une nuisance pour les espèces ou les écosystèmes indigènes.

Ces propositions ont été reprises dans un document du Parlement Européen (Union Européenne) préparé dans le cadre du programme STOA (présenté à Corfou, Grèce, en septembre 1993).

Charles François Boudouresque

Un peuplement à protéger : les bourrelets à Ellisolandia elongata

Cet article fait partie d’une grande série sur le thème des végétaux, peuplements et paysages marins menacés de Méditerranée. L’ensemble de ce travail a été publié en 1990 sous la forme d’un ’Livre Rouge’ dans les Séries techniques du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (voir référence complète ci-dessous).

Ce paysage a été décrit en Corse par MOLINIER (1955) et, depuis, il n’a plus été signalé malgré son intérêt écologique et son aspect souvent spectaculaire.

Structure et dynamique

D’après MOLINIER (1955), les bourrelets à Ellisolandia elongata apparaissent en contrebas des encorbellements à Lithophyllum lichenoides. Les corallines se développent de façon très dense, en retenant, dans les ramifications de leur thalle calcaire, de grandes quantités d’éléments détritiques. Ces éléments sont cimentés par l’algue encroûtante Lithotamnium lenormandii.

Les bourrelets à Ellisolandia elongata ne sont pas strictement liés à la surface mais peuvent se rencontrer du niveau jusqu’à quelques mètres de profondeur. C’est une formation inféodée aux roches verticales (LABOREL, 1987).

Une riche faune colonise l’intérieur et la partie inférieure de ces bourrelets. La flore, en revanche, est relativement pauvre : en dehors de Ellisolandia elongata et de Lithothamnium lenormandii, on remarque surtout Lythophyllum incrustans et Jania rubens. D’une façon générale, le peuplement animal et végétal de ces bourrelets n’est pas original et se réfère à la biocénose de la roche infralittorale photophile.

Distribution géographique

En France : MOLINIER (1955) signale ce paysage en Corse et sur le littoral proche de Marseille. Il considère que ce type de formation organogène est présent en bien d’autres points du littoral Méditerranéen français.

En Grèce, PANAYOTIDIS (obs. inédite) signale les bourrelets à Ellisolandia elongata le long du littoral rocheux du golfe Saronikos.

Des bourrelets à Corallina elongata ont été également signalés en Syrie (MAYHOUB, 1976) et en Italie (en Sicile , DALONGEVILLE, 1980).

Menaces

Comme pour les autres formations organogènes, les bourrelets à Ellisolandia elongata correspondent à un fragile équilibre entre bioconstruction et bio-destruction. En outre, leur localisation près de la surface les soumet à l’action de la pollution. Enfin, la rareté des stations connues rend ce type de paysage, dont l’édification est probablement très longue (plusieurs siècles) vulnérables à l’aménagement du littoral.

Cet article est issu d’un travail réalisé pour le Programme des Nations Unies pour l’Environnement et l’IUCN par les GIS Posidonie en Collaboration avec de nombreux chercheurs méditerranéens et publié sous le titre : Livre Rouge “Gérard Vuignier” des végétaux, peuplements et paysages marins menacés de Méditerranée. 250p. Par BOUDOURESQUE C.F., BALLESTEROS E., BEN MAIZ N., BOISSET F., BOULADIER E., CINELLI F., CIRIK S., CORMACI M., JEUDY DE GRISSAC A., LABOREL J., LANFRANCO E., LUNDBERG B., MAYHOUB H., MEINESZ A., PANAYOTIDIS P., SEMROUD R., SINNASSAMY J.M., SPAN A., VUIGNIER G., 1990. MAP Technical Reports Series N°43, UNEP, Athens, PNUE, IUCN & GIS Posidonie.

Les peuplements à grandes laminaires du courant Atlantique

Cet article fait partie d’une grande série sur le thème des végétaux, peuplements et paysages marins menacés de Méditerranée. L’ensemble de ce travail a été publié en 1990 sous la forme d’un ’Livre Rouge’ dans les Séries techniques du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (voir référence complète ci-dessous).

Structure et dynamique

Les peuplements à grandes laminaires du courant Atlantique, dominés par de très grandes algues, diffèrent complètement, tant par leur aspect que par leur composition floristique, de tous les autres peuplements de Méditerranée.

Les peuplements à Saccorhiza polyschides du détroit de Messina (GIACCONE, 1972) montrent une richesse remarquable en Cystoseira tamariscifolia, si bien qu’on les a considérés comme un faciès à C. tamariscifolia du Cystoseiretum strictae (GIACCONE, 1972). Néanmoins, en mer d’Alboran et dans le détroit de Messina, Saccorhiza apparaît également au sein du Cystoseiretum usneoidis où il peut être l’espèce dominante vers 18 m de profondeur (GIACCONE et BRUNI, 1971 ; BALLESTEROS, obs. ined.). Dans ces fonds, une strate supérieure à Saccorhiza est distinguée avec un recouvrement variable, une strate inférieure avec des algues très grandes pour la Méditerranée (Cystoseira usneoides, Phyllariopsis brevipes, Sphaerococcus coronopifolius, Zonaria tournefortii, Ulva olivascens, Spatoglossum solieri…) et une strate encroûtante avec Mesophyllum lichenoides, Peyssonnelia rosa-marina et Lithophyllum incrustans. Les petites algues sont peu nombreuses mais des espèces comme Jania rubens et Acrosorium uncinatum (BALLESTEROS, obs. ined.) sont présentes.

En profondeur (à partir de 22-23 m à Alboran et de 30 m à Messina), apparaît Laminaria ochroleuca. Ces peuplements constituent un faciès du Cystoseiretum usneoidis (GIACCONE, 1972), au moins jusqu’à 50-60 m de profondeur. La flore accompagnatrice varie avec la profondeur, avec Lithothamnium philippii et Mesophyllum lichenoides comme espèces encroûtantes dominantes. Dans les zones les plus profondes, la flore s’appauvrit et diverses espèces animales ont un recouvrement important (Eunicella, Alcyonium, Myriapora).

Distribution géographique

Ces peuplements se développent exclusivement dans la mer d’Alboran, la région d’Alger et le détroit de Messine. Les peuplements superficiels à Saccorhiza sont peu étendus tandis que ceux à Laminaria ochroleuca se développent sur des surfaces plus vastes et plus continues. En particulier , dans le détroit de Messine, les premiers sont limités à de petites zones côtières (Villa san Giovanni, côte de Calabre ; Ganzirri, côte de Sicile) ; les seconds forment des étendues, pratiquement continues de la côte de Sicile à la côte de Calabre, sur 15 km le long de l’axe du détroit.

Ecologie

La présence de ces peuplements à laminaires atlantiques est conditionnée par de forts courants de fond, de faibles variations de température et une richesse notable en sels nutritifs.

Menaces

La rareté de ces peuplements et leur intérêt scientifique rendent ces fonds tout à fait remarquables. Les deux peuplements sont sujets à différents types de menaces.

Le peuplement superficiel à Saccorhiza peut être facilement dégradé par l’action de polluants de surface (hydrocarbures, détergents) ; sa rareté le rend, en outre, vulnérable aux aménagements littoraux ; le peuplement plus profond à Laminaria ochroleuca peut être dégradé par des modifications physico-chimiques des courants de fonds et par la diminution de la transparence des eaux ; son extrême localisation le rend également vulnérable.

Cet article est issu d’un travail réalisé pour le Programme des Nations Unies pour l’Environnement et l’IUCN par les GIS Posidonie en Collaboration avec de nombreux chercheurs méditerranéens et publié sous le titre : Livre Rouge “Gérard Vuignier” des végétaux, peuplements et paysages marins menacés de Méditerranée. 250p. Par BOUDOURESQUE C.F., BALLESTEROS E., BEN MAIZ N., BOISSET F., BOULADIER E., CINELLI F., CIRIK S., CORMACI M., JEUDY DE GRISSAC A., LABOREL J., LANFRANCO E., LUNDBERG B., MAYHOUB H., MEINESZ A., PANAYOTIDIS P., SEMROUD R., SINNASSAMY J.M., SPAN A., VUIGNIER G., 1990. MAP Technical Reports Series N°43, UNEP, Athens, PNUE, IUCN & GIS Posidonie.

Les peuplements à Laminaria rodriguezii

Cet article fait partie d’une grande série sur le thème des végétaux, peuplements et paysages marins menacés de Méditerranée. L’ensemble de ce travail a été publié en 1990 sous la forme d’un ’Livre Rouge’ dans les Séries techniques du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (voir référence complète ci-dessous).

Structure et dynamique

Les fonds à Laminaria rodriguezii sont des fonds coralligènes particuliers, caractérisés par un recouvrement variable de cette grande algue, parfois accompagnée de Cystoseira zosteroides, Phyllariopsis brevipes et de quelques autres Phaeophyceae et Rhodophyceae de profondeur. On a aussi observé L. rodriguezii sur des fonds de maërl situés à grande profondeur.

Ecologie

Ces peuplements semblent fortement liés à une faible intensité lumineuse, à une température de l’eau basse et constante, et à la présence de courants de fond intenses. La limite bathymétrique supérieure de Laminaria rodriguezii (60m) semble conditionnée par la profondeur de la thermocline et des ondes internes qui se forment au début de l’automne. La limite bathymétrique inférieure est conditionnée par la lumière nécessaire au plein développement de L. rodriguezii en été. Ainsi, dans les eaux proches du continent, la lumière n’est plus suffisante aux profondeurs où sont réalisées les conditions thermiques qu’exige cette espèce, de telle sorte que ses peuplements sont presque inexistants sur les côtes continentales européennes. La rareté des fonds rocheux à ces profondeurs est sans doute une autre cause de la rareté des peuplements de Laminaria rodriguezii. C’est autour des îles situées au large, dans des eaux beaucoup plus claires, que ces peuplements sont le plus fréquents.

Distribution géographique

La distribution des peuplements à Laminaria rodriguezii est la même que celle de l’espèce voir chapitre correspondant.

Menaces

Les menaces des peuplements à Laminaria rodriguezii sont les mêmes que celles de l’espèce, se reporter au chapitre correspondant.

Cet article est issu d’un travail réalisé pour le Programme des Nations Unies pour l’Environnement et l’IUCN par les GIS Posidonie en Collaboration avec de nombreux chercheurs méditerranéens et publié sous le titre : Livre Rouge “Gérard Vuignier” des végétaux, peuplements et paysages marins menacés de Méditerranée. 250p. Par BOUDOURESQUE C.F., BALLESTEROS E., BEN MAIZ N., BOISSET F., BOULADIER E., CINELLI F., CIRIK S., CORMACI M., JEUDY DE GRISSAC A., LABOREL J., LANFRANCO E., LUNDBERG B., MAYHOUB H., MEINESZ A., PANAYOTIDIS P., SEMROUD R., SINNASSAMY J.M., SPAN A., VUIGNIER G., 1990. MAP Technical Reports Series N°43, UNEP, Athens, PNUE, IUCN & GIS Posidonie.