Le GIS Posidonie réalise actuellement un suivi par pêches scientifiques dans le Parc national des Calanques. L’objectif est de suivre l’évolution du peuplement des poissons des ZNP (zones où toute forme de pêche est interdite) et d’évaluer l’efficacité des mesures de gestion et de surveillance prises au sein du parc.

Les Calanques de Marseille ont été érigées en Parc National par le décret n°2012-507 du 18 avril 2012 définissant un cœur marin et une aire maritime adjacente, comportant 7 zones de non prélèvement (ZNP) dans lesquelles la pêche maritime professionnelle et la pêche de loisir sont interdites, ainsi qu’une zone de protection renforcée (ZPR) où la pêche est autorisée aux pêcheurs professionnels et régulée.

Afin que le PNCal puisse évaluer l’efficacité des mesures de gestion prises au sein du par cet « l’effet réserve » sur les écosystèmes marins, différents procédés d’échantillonnage sont mis en œuvre : comptage visuel du peuplement de poissons, suivi par pêches scientifiques et suivi du corail rouge.

Depuis 2014 (état initial) un suivi est réalisé tous les 3 ans et c’est à nouveau cette année que le GIS Posidonie procède à une évaluation par pêche du peuplement de poissons. La localisation des stations et le protocole sont strictement les mêmes que ceux adoptés en 2014 pour l’état 0, ainsi que pour l’acquisition des données en 2017. Les stations d’échantillonnage ont été choisies à l’intérieur et à l’extérieur des ZNP en fonction de la nature des habitats (3 sur fond d’herbier de posidonie, 4 sur roche, de la profondeur, de la configuration géomorphologique (à la côte et dans les îles et 3 stations dans le canyon de Cassidaigne). Plusieurs pêches sont réalisées par station en collaboration avec les pêcheurs professionnels de la zone et le chargé de mission pêche du Parc.

L’objectif est d’évaluer à intervalle régulier l’état du peuplement des poissons en tenant compte des mesures de protection du parc (ZNP, ZPR) et de pouvoir ainsi constater leur efficacité. Complémentaire du comptage visuel, cette méthode permet d’échantillonner des espèces réparties plus en profondeur, se déplaçant la nuit ou difficile à observer en plongée. Elle permet en outre d’impliquer les pêcheurs professionnels dans le suivi, qui, au vu des captures, peuvent constater l’efficacité de la protection sur la ressource dans des zones qu’ils connaissent.

Les pêches scientifiques qui ont lieu en juin-juillet 2020 mobilisent 2 types d’engins : le filet trémail pour les habitats d’herbier/roche car il présente l’avantage de pouvoir pêcher une grande variété de poissons et le filet droit qui est plus adapté à la pêche dans le canyon. Une fois pêchées les captures sont démaillées en mer, identifiées et mesurées par les observateurs du GIS Posidonie et remises à l’eau chaque fois que possible. Les résultats seront analysés cet automne et comparés à  ceux de 2017 et de 2014.