BABYCROS : recherche des habitats potentiels de nurserie pour les poissons dans les petits fonds de l’aire maritime adjacente du Parc national de Port-Cros

Les petits fonds côtiers sont caractérisés par une mosaïque d’habitats et des conditions physico-chimiques (température, salinité, lumière, hydrodynamisme) extrêmement contrastées selon les saisons et les sites et souvent peu étudiés entre 0 et 5 m de profondeur. Ces fonds sont le lieu privilégié de refuge et de croissance d’un grand nombre d’espèces de poissons au stade juvénile. Leur séjour près du bord, à faible profondeur est rendu possible par des conditions d’habitat et d’environnement particulières et favorables à une période donnée, qui leur confèrent la fonction de nurserie pendant une durée variable, selon les espèces, de quelques semaines à quelques mois.

A partir d’une exploration systématique des principaux habitats représentés entre 0 et 5 m de profondeur : herbier de posidonie, sable, roche infralittorale, galets etc., de la cartographie des habitats benthiques de ces petits fonds et de nouvelles explorations sur le terrain, une recherche et une caractérisation des habitats potentiels de nurserie peuvent être faites sur le territoire de l’aire maritime adjacente du Parc national de Port-Cros incluant les cœurs de Parc.

Le rôle fonctionnel de nurserie des petits fonds côtiers du territoire du Parc national est exploré à partir de recensements visuels des juvéniles de poisson par comptages en plongée libre ou en scaphandre autonome (transect, quadrat). Dans ce vaste territoire, les sites présentant des caractéristiques optimales sont visités, les espèces sont identifiées, les juvéniles dénombrés et leur taille estimée à 5 mm près. A chaque station, les paramètres abiotiques et biotiques de l’habitat sont relevés : profondeur, rugosité, pente, température, salinité, couverture végétale. L’échantillonnage sera réalisé entre Carqueiranne et Ramatuelle dans le courant du mois de juin, qui est une saison de présence de nombreuses espèces au stade juvénile dans les petits fonds côtiers. Les sites et les habitats dans ces sites les plus sensibles et où les juvéniles sont le plus abondants, à cette saison, seront localisés.

Démarrage du programme PACHA (FEAMP mesure 40)

Le programme PACHA (financement FEAMP de l’UE) porté par le GIS Posidonie et réalisé avec des pêcheurs des prud’homies de Toulon-Giens, de Toulon-Salins et du Lavandou (Var), des chercheurs des laboratoires universitaires d’Aix-Marseille MIO et Telemme, et le Parc national de Port-Cros, a pour objectif de mieux caractériser la pêche artisanale sur le territoire de l’aire marine adjacente du Parc. Des embarquements saisonniers seront réalisés avec les pêcheurs professionnels de la zone afin de peser et mesurer les captures et commenceront cet été. Un choix d’espèces cibles a été fait avec les pêcheurs lors de la réunion de démarrage (le 25 avril 2019) pour lesquels des paramètres biologiques seront relevés au laboratoire : indice de condition, taille de maturité sexuelle. Les connaissances dérivées de l’expérience des pêcheurs et des scientifiques seront rassemblées concernant les périodes et les zones de reproduction des principales espèces cibles dans la zone d’étude. Des enquêtes historiques seront également faites sur l’évolution des pratiques et des réglementations prud’homales, afin d’éclairer le présent et de réfléchir ensemble à de nouveaux modes de gestion, en particulier la faisabilité de mise en place de repos biologique.

 

Etude et caractérisation de la fréquentation maritime et de son impact sur l’herbier de posidonie, le peuplement de poissons et le balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus) dans la réserve marine de Scandola (Corse) – INTERREG GIREPAM

Les aires marines protégées, telles que la réserve naturelle de Scandola (Corse), sont confrontées à des enjeux de gestions importants. Ces enjeux concernent des zones géographiques abritant des habitats et des espèces avec un fort intérêt biologique mais également patrimonial. Ce faisant les gestionnaires de ces réserves ont un réel besoin de connaissance sur les usages pratiqués dans la zone. Le maintien et/ou le développement des usages doit se faire en prenant en compte la biodiversité ainsi que l’exploitation des ressources halieutiques si on veut qu’ils soient durables. L’évaluation de la fréquentation d’un site permet de qualifier, et de quantifier, les pressions engendrées sur les différents habitats pour chacun des usages. Cela permet de les intégrer du mieux possible dans les plans de gestions. 

Cette étude réalisée avec le Parc Naturel Régional de Corse, dans le cadre du programme européen INTERREG GIREPAM, a pour objectif principal :

  • De fournir des données à différentes échelles spatiales et temporelles sur la fréquentation de la réserve naturelle de Scandola (Corse). Cela sera permis par l’utilisation croisée de différentes méthodes d’évaluation de la fréquentation;
  • D’évaluer les impacts potentiels à partir de différents descripteurs mesurés sur les communautés pouvant être impactées. Cette évaluation sera faite à l’aide de plusieurs métriques et indicateurs. Les communautés concernées sont : l’herbier de posidonie, les peuplements de poissons et la population de Balbuzard pêcheur présent dans la réserve.

Le recoupement de l’ensemble des informations collectées permettra d’évaluer au mieux les pressions liées à la fréquentation dans la réserve naturelle de Scandola.

Ce projet commencé en 2018 a une durée de 2 ans et se terminera fin 2019.

Adrien Lyonnet

Pêches scientifiques dans le cadre du suivi de la réserve de Beauduc (Parc naturel régional de Camargue -France)

Le golfe de Beauduc se situe au cœur de la zone marine du delta du Rhône, en Camargue. La nature de ses fonds (sables et vases), sa faible profondeur (<15m), sa localisation et les apports du Rhône en font un site propice au développement des juvéniles de poisson, en particulier ceux des poissons plats. La faune riche et diversifiée rencontrée dans le golfe attire également de nombreuses espèces de poissons pélagiques et démersales qui viennent s’y nourrir, en particulier les daurades, lors de leurs déplacements saisonniers. L’exploitation de la ressource halieutique par les pêcheurs aux petits métiers des ports voisins a longtemps été menacée par la pratique illégale du chalut dans la zone. En 1989, l’implantation de récifs artificiels de protection a permis de réduire cette activité, sans toutefois l’éradiquer. Dans le but de mieux protéger et de gérer le golfe de Beauduc, les pêcheurs locaux ont demandé la création d’un cantonnement de pêche, qui a été mis en place en 2013 par le Parc naturel Régional de Camargue. Dans le cadre d’une gestion durable de cette zone, le Parc a demandé au GIS Posidonie et à l’Institut Méditerranéen d’Océanologie (MIO) la mise en place d’un suivi scientifique du peuplement de poissons et un accompagnement scientifique pour le suivi et la gestion du cantonnement.

Le partenariat entre le Parc, le GIS Posidonie et le MIO porte sur :

  • la programmation scientifique et la mise en place du plan de gestion de la réserve marine ;
  • le suivi des populations des poissons adultes et juvéniles.

Le suivi du cantonnement de Beauduc a débuté en 2014 afin de réaliser un état initial du peuplement d’adultes et de juvéniles présent au moment de sa création. Les adultes ont fait l’objet de 3 campagnes d’échantillonnage : en hiver, au printemps et en été. Les échantillons ont été prélevés grâce à des pêches scientifiques réalisées avec les pêcheurs professionnels au filet trémail. Dans le cas des juvéniles, 2 campagnes de pêches scientifiques ont été effectuées avec un petit chalut à perche.

De nouvelles campagnes de pêche ont repris en 2017 et 2018 afin de mettre en évidence d’éventuels changements du peuplement de poissons, 4 ans après la création du cantonnement.

Suivi de l’effort de pêche professionnelle dans la réserve naturelle de Scandola (Corse)

Les eaux de la réserve naturelle de Scandola comprennent une zone de réserve intégrale, où toute activité est interdite, et une zone de réserve partielle dans laquelle la plongée est autorisée. La pêche professionnelle y est limitée à un certain nombre de pêcheurs à l’année, les autres devant demander une autorisation par téléphone avant de venir. Les activités de pêche professionnelle sont strictement réglementées : les engins de pêche autorisés sont le filet, la palangre et la nasse. L’utilisation simultanée de filet et de palangre est interdite. Le nombre de pièces de filet est limité à 40 par navire. Un filet ne peut pas rester à la même position plus de 2 nuits et doit être systématiquement déplacé entre deux calées. La pêche professionnelle est une pêche aux petits métiers. Les pêcheurs opèrent à partir de petites embarcations (<12m) sur lesquelles ils embarquent généralement seuls ou à deux. La pêche autour de la réserve de Scandola est une pêche saisonnière, diversifiée et adaptée à la diversité des espèces d’intérêt halieutique avec arrêt l’hiver en raison des conditions météorologiques. Afin de mieux connaitre les usages, il est apparu pertinent de mettre en place un suivi au long terme de la pêche professionnelle dans la réserve de Scandola.        

Le suivi de la pêche professionnelle dans la réserve de Scandola a été mis en place en 2000. Des campagnes d’échantillonnage ont été réalisées à 3 périodes caractéristiques de la saison de pêche : printemps, été ou automne, selon les années. Au total, 9 campagnes ont été réalisées depuis 2000 et la dernière en juin 2018. Les échantillonnages sont effectués par comptage des signaux de surface entre les ports de Galeria et de Girolata permettant d’avoir une appréciation de l’importance et de la répartition de l’effort de pêche d’une part, et d’autre part, par des embarquements avec les pêcheurs permettant d’accéder à la connaissance des pratiques et à l’évaluation des captures et des rejets.

L’ensemble de ces informations permet de caractériser et de connaitre la répartition de l’activité de pêche professionnelle dans les eaux de la réserve et autour et de suivre l’évolution des captures des espèces exploitées, et des prises accessoires effectuées par les pêcheurs.

 

 

 

 

 

Suivi de l’effort de pêche professionnelle dans les eaux de Port-Cros (Parc national de Port-Cros, France)

Les eaux du parc national de Port-Cros sont scindées en différents secteurs dans lesquels les activités de pêche professionnelle et de loisir sont strictement réglementées. La pêche professionnelle est soumise à autorisation. Il s’agit de pêche artisanale côtière. Les pêcheurs opèrent à partir de petites embarcations (<12m) et sont généralement seuls ou à deux à bord, le type d’engins, le nombre d’engins autorisés et la taille de la maille, pour les filets de pêche, sont réglementés. La pêche artisanale occupe une place importante dans l’économie et le patrimoine local de la côte varoise. Cette pêche est saisonnière, très diversifiée et dépendante de la ressource halieutique. Le partenariat entre le parc national de Port-Cros et les prud’homies locales (Hyères-Salins, Giens et Lavandou) a débuté en 1999 sous la forme d’une charte de partenariat de la pêche professionnelle, qui fait l’objet de discussions et de mises à jour annuelles. Un suivi des captures a ensuite été mis en place de manière à suivre les principales espèces exploitées par la pêche professionnelle dans les eaux de Port-Cros.

Dans la continuité de la charte de partenariat, un agenda de pêche a été mis en place à partir de 2000. Dans cet agenda les pêcheurs référencent la localisation et le type d’engin de pêche utilisé ainsi que leurs captures. A partir de 2003 des embarquements scientifiques à bord des bateaux des patrons pêcheurs signataires de la charte ont débuté et se sont répétés de façon ponctuelle. Lors de ces embarquements, le nombre d’individus, la taille et la biomasse des captures sont référencés par espèce. A partir de 2006, les agents du parc national ont commencé à évaluer l’effort de pêche en relevant l’emplacement des différents engins de pêches observés à différentes saisons durant leurs patrouilles de surveillance.

Le recoupement de l’ensemble de ces informations permet de caractériser et de connaître la répartition de l’activité de pêche professionnelle dans les eaux de Port-Cros. Ce travail permet également d’avoir des données sur les métiers exercés et l’évolution des captures des espèces cibles de la pêche et des prises accessoires effectuées par les pêcheurs.

Echantillonner par pêche, échantillonner avec les pêcheurs

Depuis 2000, le GIS Posidonie travaille en partenariat avec les pêcheurs dans les aires marines protégées de Méditerranée. Ce travail revêt 3 aspects :

  • les pêches scientifiques : réalisées le plus souvent dans le cadre de suivis scientifiques des peuplements de poissons et de macro-invertébrés;
  • les embarquements : qui consistent à accompagner les pêcheurs artisans dans leur activité de pêche journalière;
  • les enquêtes/entretiens et échanges d’information informels (à la vente, sur les quais) : qui permettent de collecter des données qualitatives ou semi-quantitatives de perception et de contexte, d’échanger sur la ressource et les modes de gestion.

Travailler avec les pêcheurs permet d’accéder à d’autres modes d’échantillonnage des peuplements côtiers que l’observation directe en plongée ou la pêche scientifique à partir d’un navire océanographique. Cela permet de collecter des données sur les peuplements et les captures : espèces, taille, biomasse, d’observer du proche milieu côtier que l’on peut aussi observer en plongée et des espèces qui vivent plus en profondeur, plus difficiles à rencontrer.

L’un des aspects les plus intéressant de ce travail de suivi d’espaces protégés réalisé en commun est le partage de la connaissance sur les espèces, en particulier sur les comportements et les traits de vie. Cet échange est également fructueux sur le plan de la réflexion à apporter sur la gestion et sur les améliorations possibles grâce à une meilleure connaissance des usages, des pratiques et de la ressource.

Le GIS Posidonie a récemment réalisé des pêches scientifiques :

  • pour le suivi du peuplement de poissons du Parc national des Calanques en 2014 et 2017;
  • pour le suivi du peuplement de poissons du cantonnement de Beauduc en 2014 et 2018.

Le GIS Posidonie a réalisé une série d’embarquements saisonniers sur des navires de pêche aux petits métiers en partenariat avec le Parc national de Port-Cros et les pêcheurs des prud’homies du Lavandou, des Salins et de Toulon-section de Giens à l’automne 2015, au printemps 2016 et l’été 2017.

Le GIS Posidonie a mis en place en partenariat avec le Parc national de Port-Cros et les pêcheurs qui adhèrent à la charte de pêche de Port-Cros un agenda de pêche et un suivi de l’effort de pêche depuis 2000.

Le GIS Posidonie a mis en place avec le Parc naturel régional de Corse et la réserve de Scandola un suivi de l’effort de pêche avec des embarquements saisonniers espacés de plusieurs années avec les pêcheurs professionnels de la zone depuis 2000 également.

Pour plus d’information et d’images :

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5 espèces cibles de la pêche suivies dans l’aire marine adjacente du Parc national de Port-Cros

Dans le cadre de l’Observatoire de la Biodiversité, le Parc national de Port-Cros et le GIS Posidonie mettent en place un suivi des captures de la pêche artisanale avec l’aide des pêcheurs professionnels. Pour cela, 5 espèces cibles de différents types de pêche ont été retenues : le rouget de roche Mullus surmuletus, le chapon Scorpaena scrofa, le labre merle Labrus merula, le labre vert Labrus viridis et la langouste Palinurus elephas. Le chapon Scorpaena scrofa, le rouget de roche Mullus surmuletus, les grands labres Labrus merula et Labrus viridis, et la langouste Palinurus elephas ont été retenus comme espèces cibles de différents modes de pêche.

Les grands labres (Labrus merula et L. viridis) sont des espèces sensibles à la pression de la chasse. Ces espèces ont également été choisies, dans le cadre de l’Observatoire, pour évaluer un possible impact de la chasse sous-marine parmi 5 espèces-cibles retenues.

Le chapon, Scorpaena scrofa, le rouget Mullus surmuletus et la langouste Palinurus elephas ont été choisies comme espèces d’intérêt commercial à forte valeur marchande particulièrement ciblées par la pêche artisanale, tout en étant également des cibles de la pêche de loisir.

Au cours de l’automne 2015, de septembre à décembre et du printemps 2016, des dizaines d’embarquements sur les navires de pêche professionnelle ont été réalisés par le GIS Posidonie  sur les 4 sites de l’Observatoire : la presqu’île de Giens et les îles de Porquerolles, de Port-Cros et du Levant. Plus d’une centaine d’engins ont ainsi pu être échantillonnés principalement des filets et des palangres. Tous les individus des 5 espèces retenues ont été mesurés et pesés, qu’ils soient conservés ou rejetés. Les caractéristiques des engins utilisés (type de filet, maille, longueur) et leur localisation spatiale ont été notées. L’automne, 3 métiers peuvent être distingués : le ‘métier du rouget’ qui cible cette espèce avec des filets à petite maille calés moins de 12h, le ‘métier du beau poisson’ qui cible le canthare et le beau poisson (sparidés essentiellement) avec des filets trémails ou maillants à moyenne maille (5-8) calés entre 12 et 24h et la calée des battudes et des battudons entre 5 et 9 heures maximum pour cibler la dorade sur le continent et le poisson pélagique comme la pélamide sur les îles (principalement à Port-Cros et au Levant). Au cours du printemps, les poissons sont ciblés en priorité près de la côte avec des filets à moyenne maille, à l’exception du rouget pêché avec de la petite maille.

C’est l’évolution dans le temps de la représentation des classes de taille, qui attestera le mieux de l’état des populations. Cela ne peut être fait que sur les espèces cibles des engins sélectionnés à une époque donnée, avec l’engin approprié.

Cartographie des habitats marins et mise en place d’un zonage pour la gestion du Parc national des Calanques

La cartographie des habitats marins du Parc national des Calanques vient d’être dressée. Ce territoire abrite une grande diversité d’habitats depuis la bande littorale et les habitats côtiers vers les habitats du large et les canyons sous-marins en passant par les grottes obscures. Elle met en évidence des secteurs d’une grande complexité d’habitats et d’une extrême richesse écologique et patrimoniale, mais également des secteurs fragiles et menacés à forts enjeux de gestion. Un diagnostic écologique a été établi pour chacun de ces habitats marins, qui croisé avec un diagnostic socio-économique et réglementaire, a permis de réaliser des cartes de l’état de conservation des habitats et des enjeux de gestion. A l’issu de ce travail d’inventaires, couplé au travail de concertation avec les usagers, une cartographie des périmètres du parc et des différents zonages réglementaires a été réalisée, actée dans le décret de création du parc au 18 avril 2012 (Zones de Non Prélèvement, navigation en cœur marin du Parc, etc.). Elle servira de support aux actions et suivis scientifiques à venir.

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Carte des habitats marins (typologie MNHN, Michez et al., 2011) du périmètre du Parc national des Calanques (d’après Astruch et al., 2012).
Astruch P., Bonhomme D., Goujard A., Rouanet E., Chemisky B., 2012. Inventaires biologiques et analyse écologique de l’existant, Natura 2000 en mer, lot n°6. Site Fr 9301602 « Calanques et îles marseillaises – Cap Canaille et massif du Grand Caunet », Atlas cartographique des habitats marins et des espèces. Contrat Agence des Aires Marines Protégées – COMEX SA / GIS Posidonie, GIS Posidonie publ : 100 p.
Cet article a fait l’objet d’une communication au colloque national CARHAMB’AR (CARtographie des HAbitats Marins Benthiques : de l’Acquisition à la Restitution), organisé par l’Ifremer et l’Agence des aires marines protégées, du 26 au 28 mars 2013 à Brest, sous le titre :
De la cartographie des habitats marins à la mise en place d’un zonage pour la gestion d’un territoire : cas du Parc national des CalanquesElodie Rouanet, Patrick Astruch, Denis Bonhomme, Bertrand Cousin

La réserve de Scandola ou “retour vers le passé”

Les Cystoseira sont de grandes algues brunes pérennes qui, sous l’eau, sont l’équivalent des arbres sur terre. Des ‘arbres’ bien modestes qui ne dépassent pas quelques dizaines de centimètres de hauteur, mais qui constituent les ‘forêts’ sous-marines de Méditerranée. Ces forêts, bien que miniatures, s’organisent et fonctionnent comme les forêts terrestres, avec des formations jeunes et arbustives et des ‘forêts’ matures et denses parsemées de clairières. Sous les rameaux de Cystoseira, couverts d’épiphytes et de “lianes” algales, se développe un ‘sousbois’ d’espèces sciaphiles2, alors que des hordes d’animaux (petits invertébrés, juvéniles) s’affairent au milieu des frondaisons et sont la proie de grands prédateurs (poissons, crustacés, mollusques etc.) à l’affût ou en maraude.

Depuis la moitié du XXème siècle, les Cystoseira payent un lourd tribut au développement des pays méditerranéens. Elles régressent dramatiquement sur nos rivages, victimes directes ou indirectes des activités humaines. Recouvertes par les aménagements littoraux, arrachées par les engins de pêche et les ancres, empoisonnées par la pollution, dévorées par les oursins qui pullulent suite à la surpêche de leurs prédateurs, nos ‘forêts’ sous-marines disparaissent inexorablement. Contrairement à leurs soeurs terrestres, dont les incendies soulèvent l’émotion, et qui sont du reste en progression, à l’échelle de la Provence, nos forêts sous-marines disparaissent dans une relative indifférence. Sur les côtes provençales, les grandes ‘forêts’ de Cystoseira font déjà partie du passé. Les espèces de mi-profondeur ont disparu, celles de grande profondeur sont devenues rarissimes, seul subsiste près de la surface un fin liseré discontinu de Cystoseira amentacea.

Que pouvaient-être les paysages sous-marins de Provence avant que l’Homme y imprime sa marque ? De la surface jusqu’à plusieurs dizaines de mètres de profondeur, sur les rochers ensoleillés, d’immenses ‘forêts’ de Cystoseira et des herbiers florissants de posidonie devaient ondoyer à perte de vue sous une sarabande de poissons. Comment imaginer un tel spectacle lorsque l’on plonge aujourd’hui entre Banyuls et Menton? Comment faire machine arrière, corriger nos erreurs et retrouver le jardin d’Eden ? ‘C’est impossible’ me direz-vous.

Je répondrai ‘Détrompez-vous, il y a une solution car la DeLorean existe (salut Marty !), elle s’appelle ‘Scandola’. Une immersion dans cette Réserve naturelle de Corse et vous êtes catapultés dans des temps révolus, dans une Méditerranée encore vierge. Là, les fonds ont été miraculeusement épargnés comme si aménagement, pollution, pêche et navigation n’existaient pas encore. De vastes ‘forêts’ exubérantes de Cystoseira s’étendent à perte de vue (Fig. 1). Des bancs de poissons ‘nobles’ (corbs, daurades, dentis, mérous, pagres, sars, sérioles) de tailles respectables survolent les fonds, ou sont tapis, à l’affût, entre les ‘arbres’ Cystoseira (chapons, murènes, rascasses), à côté des langoustes, cigales et araignées de mer. Ce ‘voyage dans le temps’ je l’ai fait pour la première fois en 1975, quand, jeune étudiant du Professeur Boudouresque, j’ai fait ma première mission de terrain. C’était en février, autant dire que mon premier contact avec les ‘forêts’ de Cystoseira fut assez glacial (à l’époque les combinaisons de plongée étaient encore assez fines). Par la suite, grâce au Parc Naturel Régional de Corse, aux agents de la Réserve de Scandola et au GIS Posidonie, j’ai pu refaire ce fascinant ‘retour vers le passé’ à de multiples reprises. L’îlot des Orgues, Palazzu, Palazzinu, Gargalu, Garganellu…, à ces noms des flots d’images de ‘forêts’ de Cystoseira me reviennent à l’esprit.

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Fig. 1. Les peuplements de cystoseires constituent une ‘forêt’ dense offrant des abris à la faune marine.

La systématique des Cystoseira n’étant pas très aisée (c’est le moins qu’on puisse dire), pendant plusieurs années, je les ai côtoyées sans les regarder en détail, me limitant à identifier les espèces classiquement répertoriées en Corse. Jusqu’au jour où un très cher et éminent collègue catalan, le Dr. Enric Ballesteros et son équipe, ont débarqué à Scandola et ont attiré mon attention sur plusieurs espèces que je ne connaissais pas. Ce fut le point de départ de recherches passionnantes, qui nous ont conduits à plonger et à échantillonner partout à Scandola. Le matériel récolté fut étudié en détail, puis confronté aux grandes collections d’algues conservées au Muséum National d’Histoire Naturelle à Paris, au Naturhistorisches Museum de Wien en Autriche et à celles de l’Université de Catania en Sicile. Le résultat de ces recherches fut à la hauteur de nos efforts avec la découverte de trois espèces méditerranéennes de Cystoseira nouvelles pour la Corse et pour la France (Verlaque et al., 1999). C’était un peu comme découvrir trois espèces inconnues d’arbres dans la forêt située juste derrière chez vous. La première, Cystoseira usneoides, est une espèce atlantico-méditerranéenne qui n’était connue auparavant que des rives sud de la Méditerranée, de l’Espagne et d’Italie. Scandola est actuellement la seule localité française où l’espèce a été signalée. La seconde, Cystoseira funkii, était restée ignorée par la communauté scientifique depuis sa description, en 1976, du golfe de Naples. La dernière, Cystoseira jabukae, n’avait jamais été revue depuis sa découverte, dans les années 1950, à Jabuka, un petit îlot perdu au centre de l’Adriatique. Nos recherches ont permis de démontrer que toutes les signalisations méditerranéennes antérieures de cette espèce étaient erronées et correspondaient à Cystoseira funkii. Depuis, de nouvelles recherches ont permis de retrouver de très rares survivants de Cystoseira funkii et de Cystoseira jabukae sur le littoral provençal.

La découverte, encore de nos jours, de grandes algues pérennes inconnues sur nos rivages illustre le caractère encore très partiel de nos connaissances sur la flore et la faune de Méditerranée. Dans le contexte actuel d’appauvrissement rapide et général de la biodiversité, ce type de découverte illustre aussi l’urgence des inventaires systématiques. Les aires marines protégées (AMPs) comme Scandola jouent un rôle majeur dans la préservation et la reconstitution des stocks exploitables, mais elles sont aussi des conservatoires de la biodiversité, véritables sanctuaires de la Nature qui nous offrent l’opportunité d’enrichir nos connaissances et de faire avancer la Science. La Réserve Naturelle de Scandola, avec une quinzaine d’espèces et de variétés différentes de Cystoseira (soit près de la moitié des espèces et variétés recensées à ce jour en Méditerranée) prospérant de la surface jusqu’à près de 80 m de profondeur, en est une éclatante illustration (Fig. 2).

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Fig. 2 : Cystoseires et posidonies se rencontrent près de la surface dans la réserve naturelle de Scandola.

Ces sanctuaires naturels sont fragiles et exigent une attention de tous les instants, aussi seul un petit nombre de scientifiques ont eu la chance et l’immense privilège d’embarquer dans la ‘DeLorean’ Scandola et de retrouver la Méditerranée des origines, quasi-vierge de toute offense. Je vous souhaite d’avoir cette chance, vous ne serez pas déçus, des découvertes vous attendent à chaque plongée. Depuis 20 ans, les recherches conduites par le GIS Posidonie dans les aires marines protégées s’inscrivent dans cette démarche. Un dernier conseil pour les futurs voyageurs, préparez-vous au ‘retour vers le présent’, retrouver le XXIème siècle et ses nuisances est toujours très éprouvant !

Auteur : Marc Verlaque

Références
Verlaque M., Ballesteros E., Sala E. Garrabou J., 1999. New collection of Cystoseira jabukae (Cystoseiraceae, Fucophyceae) from Corsica (Mediterranean), with notes on the previously misunderstood species, C. funkii. Phycologia, 38 (2) : 77-86.

Natura 2000 en mer : inventaires et cartographies autour de Marseille

Fresque_CalanuesLa création d’un réseau complet, représentatif et cohérent d’aires marines protégées en 2012, a été un engagement politique fort de la France. Dans le cadre de la stratégie nationale pour la biodiversité, le plan d’action pour la mer, décidé par la France en 2005, a mis en avant la nécessité de développer rapidement le réseau français d’aires marines protégées. Ce plan s’appuie sur deux objectifs à court terme : mettre en place le réseau Natura 2000 en mer et créer une dizaine de parcs naturels marins. Ce plan a permis d’aboutir, en 2008, à la désignation d’un complément de 76 nouveaux sites Natura 2000 en mer dont 29 ZPS (Zones de Protection Spéciale) au titre de la Directive Oiseaux et 47 pSIC (proposition de Site d’Intérêt Communautaire) au titre de la Directive Habitats, faune, flore en restructurant les « anciens » sites afin d‘améliorer la cohérence générale du réseau. Ainsi, parmi les quelques 200 sites abritant une surface marine, certains ont été agrandis, d’autres fusionnés, quelques-uns réduits. Ceci représente au final une augmentation de surface de sites Natura 2000 en mer de 2.4 millions d’hectares.

Le réseau de site NATURA 2000, dans le cadre des directives européennes 92/43/CEE «Habitat» et 79/409/CEE «Oiseaux», a pour objectif de concilier maintien de la biodiversité et des activités humaines par une gestion appropriée. L’objectif est d’assurer le maintien ou le rétablissement dans un état de conservation favorable des habitats naturels et des habitats d’espèces de la flore et de la faune sauvage d’intérêt communautaire. La gestion d’un site Natura 2000 passe par l’élaboration préalable d’un document d’objectif (DOCOB) : outil de diagnostic et d’orientation pour tous les acteurs du territoire. Pour chaque site Natura 2000, un opérateur est désigné pour l’élaboration du DOCOB.

L’Agence des Aires Marines Protégées (AAMP) a sollicité, dans le cadre d’un appel d’offre national, les scientifiques et bureaux d’études pour la réalisation de la cartographie et des inventaires biologiques de 20 sites Natura 2000 en mer dont 12 sur la façade Méditerranéenne. Dans la région de Marseille, le GIS Posidonie a participé à la réalisation de ce travail sur la Côte Bleue et dans les Calanques.

Côte Bleue (Marseille)

Le GIS Posidonie, associé à la société COPETECH SM et au Parc Marin de la Côte Bleue, a été retenu pour la réalisation du lot « Côte Bleue Marine ».

Le site Côte Bleue Marine (FR9301999) s’étend sur 18928 ha, de la digue Sud de la centrale électrique de Ponteau (golfe de Fos) à la pointe de Corbières à l’Est. Il inclut l’ensemble du Parc Marin de la Côte Bleue (PMCB) dont les deux réserves de protection intégrale du Cap-Couronne et de Carry-le-Rouet. Au large, le site s’étend jusqu’à 6 MN, soit des profondeurs de près de 100 m. Le site « Côte Bleue Marine » est situé à l’Ouest de la Rade de Marseille et à l’Est du golfe de Fos, et est séparé de l’étang de Berre par la Chaîne de l’Estaque. Le littoral de la Côte Bleue concerne 5 communes (Martigues, Sausset-les-Pins, Carry-le-Rouet, Ensuès-la-Redonne et le Rove) sur près de 43 km de linéaire côtier (source PMCB à l’échelle 1/25 000).

Le PMCB, en temps que gestionnaire de l’espace maritime de la Côte Bleue depuis 1983, a été désigné par l’Etat en novembre 2009 comme opérateur du site « Côte Bleue Marine », et sera en charge de la rédaction du DOCOB (tome 1 et 2). Les compétences internes des agents du Parc et la volonté de s’impliquer dans la démarche Natura 2000 sur son territoire ont conduit le PMCB à contribuer à la réalisation du présent travail, qui correspond pour partie au tome 0. Il s’agit d’une originalité qui apporte un grand bénéfice, d’une part à la mise en œuvre des investigations sur le terrain et d’autre part à la qualité des inventaires biologiques et cartographiques (connaissance fine de la zone et des enjeux de gestions).

Les objectifs du travail sont :

  • La cartographie exhaustive des habitats d’intérêt communautaire du site ;
  • L’inventaire des espèces marines appartenant à la directive habitat, élargi aux espèces patrimoniales et remarquables ;
  • Un diagnostic écologique de la vitalité des principaux habitats communautaires, incluant l’évaluation de l’état de conservation et la définition des enjeux de conservation.

Fournir un document structuré et contenant suffisamment d’éléments pour une aide à la réalisation du tome 1 du DOCOB par l’opérateur local (PMCB).

Calanques et îles marseillaises

Pour compléter les inventaires biologiques patrimoniaux et affiner la qualification des critères d’évaluation des habitats marins, dont l’état de conservation, du site Natura 2000 FR9301602 « calanques et îles marseillaises – Cap Canaille et massif du grand Caunet », le suivi des principaux habitats a été conduit avec une approche naturaliste et descriptive.

De nombreux dispositifs permanents (balisages type RSP, Charbonnel et al., 2000) existent le long des limites supérieures et inférieures de l’Herbier à Posidonia oceanica (1120-1, habitat prioritaire). En complément, afin d’obtenir une vision plus globale sur le site (choix de sites peu ou pas suivis) et afin d’afiner également la cartographie de l’herbier, 10 stations (8 en scaphandre et 2 en ROV) ont ainsi été inspectées, correspondant à des limites inférieures.

En plus des données existantes sur le suivi des peuplements remarquables du Coralligène et des Grottes sous-marines, une série de stations de suivi a été définie. Le suivi photographique (quadrats aléatoires) est ainsi une trace à un temps donné qui permettra une comparaison fiable pour l’évaluation lors du retour prévue 6 ans après les premiers inventaires. Concernant le Coralligène, 12 stations suivies en scaphandre autonome et 4 des stations suivies en ROV ont été analysées dans ce rapport. L’ensemble des observations réalisées au niveau des stations concernant les substrats durs circalittoraux est présenté sous la forme de descriptifs naturalistes (présence d’espèces remarquables, description sommaire du paysage, identification des atteintes d’origine anthropique). Trois Grottes sous-marines ont été inspectées et décrites dans le cadre de ce travail. Un descriptif de quelques autres grottes remarquables a été rédigé à partir des connaissances des experts impliqués et de la littérature.

Une analyse des substrats meubles circalittoraux du site a été réalisée à partir des 37 points d’investigations, comprenant une analyse granulométrique couplée à l’identification de l’endofaune récoltée. Cette analyse permettra de préciser l’identification des habitats et l’éventuelle présence d’espèces indicatrices de pollution et/ou d’instabilité.

Une synthèse du descriptif des canyons profonds de Cassidaigne et du Planier a été intégrée dans notre analyse, pour faire ressortir la valeur patrimoniale de ces milieux peu connus et aider l’évaluation des enjeux de conservation des habitats de l’étage bathyal (Vases et Roches bathyales). Les informations obtenues sur les canyons sont issues du programme MEDSEACAN (Fourt et Goujard, 2012).

Conclusion

A travers ces rapports d’étude, l’objectif principal est d’obtenir un point zéro de l’état des principaux habitats communautaires et autres des différents sites Natura 2000. Une grande quantité d’information a été extraite de la littérature existante consultée et orientée par les experts sollicités et leur connaissance de la zone. L’approche descriptive permet d’obtenir une vision naturaliste des secteurs les plus remarquables du site en mettant en évidence l’ensemble des critères qui traduisent :

  • les éléments remarquables d’un point de vue écologique (présence d’espèces de la Directive Habitat, ZNIEFF, indicatrices, etc., faciès et associations remarquables) ;
  • une dégradation de l’habitat (macrodéchets, engins de pêche, mortalités massives, espèces invasives) ;
  • une évolution positive ou négative de l’habitat (succession d’espèces, maintien de faciès remarquables)

La démarche de Natura 2000 envisage un retour sur site 6 ans après la réalisation du tome 0. Nous avons donc mis en place un dispositif qui permettra cette comparaison au niveau :

  • de sites coralligènes à -30 m et 4 sites coralligènes à -60 m : réalisation et analyse de quadrats photographiques ;
  • de grottes sous-marines (Grotte des 3PP et Grotte des Trémies par exemple dans les calanques) : réalisation de quadrats photographiques en fonction de l’éloignement de l’entrée ;
  • de points de suivis de limite inférieure de l’herbier à Posidonia oceanica : mesure de paramètres de vitalité ;
  • de points d’investigation sur les sédiments circalittoraux (granulométrie, analyse de faune) dont le secteur de Cortiou.

L’ensemble des autres éléments descriptifs disponibles présentés dans les rapports complètent les connaissances sur ces habitats et aideront à l’avenir à caractériser l’évolution de l’état de conservation des habitats marins.

ASTRUCH P., GOUJARD A., CHARBONNEL E., ROGEAU E., ROUANET E., BACHET F., BRICOUT R., BONHOMME D., ANTONIOLI P. A., BRETTON O., MONIN M., HARMELIN J. G., SARTORETTO S., CHEVALDONNE P., ZIBROWIUS H., VERLAQUE M., 2011. Inventaires biologiques et Analyse écologique de l’existant, Natura 2000 en mer, Lot n°12 « Côte Bleue Marine » FR 9301999. Contrat GIS Posidonie – Agence des Aires Marines Protégées, GIS Posidonie/PMCB publ., 400 p + 62 p d’annexes.

ROUANET E., ASTRUCH P., HARMELIN J.G., VACELET J., PEREZ T., CHEVALDONNE P., BELLAN G., 2012. Inventaires biologiques et analyse écologique de l’existant, Natura 2000 en mer, Lot n°6 « calanques et îles marseillaises – Cap Canaille et massif du grand Caunet » FR 9301602, Suivi des habitats marins. Contrat COMEX SA/GIS Posidonie – Agence des Aires Marines Protégées, COMEX SA/GIS Posidonie publ., 222 p.

ECOMARE (MAST III) final report : Introductory guide to methods for selected biological studies in marine reserves

ECOMARE_page_de_gardeThe present guide was prepared in the framework of the ECOMARE project, a concerted action of the European Community Marine Science and Technology Program (MAST III, 2000) concerned with the ecological effects of Marine Protected Areas (MPAs) in the Mediterranean. The overall aim of ECOMARE was to unite and coordinate the efforts of a broad group of research teams involved in assessing the effects of protection in Mediterranean littoral ecosystems.
The specific objectives of this project were : (1) to establish the state of knowledge of the responses of marine communities to protective measures in Mediterranean littoral ecosystems ; (2) to identify the main research needs and steps forward to progress from the assessment of effects on exploited populations to the assessment of effects at the ecosystem level ; (3) to review and recommend working methodologies so that future investigations could be carried out in a coordinated and comparable manner.