Evaluation de l’état de conservation du Détritique Côtier selon une approche écosystémique – Programme ACDSea

Le Détritique Côtier (DC) est une biocénose qui abrite une grande richesse taxonomique et remplit d’importantes fonctions écologiques : frayère, nurserie, zone de nourrissage. A ce jour, à l’instar de la plupart des biocénoses côtières, il est exposé à de nombreuses pressions d’origine anthropique comme les arts trainants, les rejets terrigènes continentaux accentués par le lessivage des sols, le clapage en mer, l’urbanisation et le changement global. Le DC ne présente pas un intérêt communautaire au regard de la Directive Habitat Faune/Flore (Natura 2000) ; il n’a donc fait l’objet d’aucune évaluation systématique de son état de conservation. L’extension en mer de nombreuses aires marines protégées (parcs nationaux, parcs naturels marins, sites Natura 2000) a augmenté la représentativité du DC et donc le besoin de disposer de méthodologies et de métriques pour en connaître son état de conservation et son fonctionnement en tant qu’écosystème pour une gestion adaptée.

Le GIS Posidonie a développé un dispositif d’acquisition de photographies standardisées in situ, le BioCube, permettant de réaliser des photo-quadrats et des vidéos du paysage jusqu’à 150 m de profondeur. En complément, des plongées en scaphandre autonome sont réalisées pour inventorier la faune et la flore et réaliser des prélèvements. Le programme ACDSea vise à établir une première évaluation de l’état de conservation de cet habitat.

Cette évaluation se base sur une approche écosystémique. Il s’agit d’une stratégie de gestion intégrée de l’environnement ayant comme objectif sa conservation tout en bénéficiant de ses services (Laffoley et al., 2004). Cela revient à lier la conservation de l’environnement, le développement économique et le bien-être humain, donc, à appliquer les grands principes des politiques durables. L’approche écosystémique nécessite la prise en compte globale de l’écosystème en y incluant les activités humaines. A ce titre l’Homme se place comme espèce clé et ingénieure et doit trouver une place compatible avec la conservation des autres compartiments de l’écosystème. La gestion écosystémique de l’environnement qui en découle semble une évidence au vu des objectifs de la Directive Cadre Stratégie Milieu Marin basés sur « … l’utilisation durable des biens et des services marins par les générations actuelles et à venir ». Ainsi, une gestion écosystémique tient compte du fonctionnement de l’écosystème dans un contexte d’activité anthropique afin de gérer au mieux les sources d’impact tout en maintenant l’activité humaine et en préservant un bon état écologique.

Un atelier rassemblant des experts écologues et benthologues a été organisé par le GIS Posidonie en 2019 afin de définir un schéma conceptuel du fonctionnement de l’écosystème du Détritique Côtier et sélectionner les descripteurs pour son évaluation.

Les missions d’observations et d’échantillonnage ont commencé en juillet 2019. Un total de 29 sites a été défini du Parc Marin de la Côte Bleue (Carro), à l’Ouest à Villefranche-sur-mer, à l’Est.

Plus d’informations sur le lien suivant :

https://www.researchgate.net/publication/332071188_ASTRUCH_P_GOUJARD_A_ROUANET_E_BOUDOURESQUE_CF_VERLAQUE_M_BERTHIER_L_DANIEL_B_HARMELIN_JG_PEIRACHE_M_PETERKA_A_RUITTON_S_THIBAUT_T_2019_Assessment_of_the_conservation_status_of_coastal_detrital_sandy_b

BABYCROS : Localisation et caractérisation des habitats de nurserie sur le territoire du Parc national de Port-Cros

Les zones d’alimentation et de croissance des postlarves et des juvéniles des poissons, avant qu’ils ne gagnent les habitats occupés par les adultes, sont assez mal connues. Pour beaucoup d’espèces côtières elles se situent dans quelques mètres d’eau. De nombreux habitats côtiers ont été détruits par ignorance de leur rôle fonctionnel.

Les petits fonds côtiers sont caractérisés par une mosaïque d’habitats et des conditions physico-chimiques (température, salinité, lumière, hydrodynamisme) extrêmement contrastées selon les saisons et les sites. Ils sont peu étudiés entre 0 et 5 m de profondeur. Ces fonds sont le lieu privilégié de refuge et de croissance d’un grand nombre d’espèces de poissons au stade juvénile. Leur séjour près du bord, à faible profondeur est rendu possible par des conditions d’habitat et d’environnement particulières et favorables à une période donnée, qui leur confèrent la fonction de nurserie pendant une durée variable, selon les espèces, de quelques semaines à quelques mois. Différentes espèces de poissons (mais pas toutes) présentes sur le littoral utilisent les petits fonds côtiers lors de leur stade de vie juvénile. Chacune a ses préférences en termes d’habitat, de saison, de qualité du milieu.

Le site d’étude correspond au territoire du Parc national de Port-Cros, aussi bien en cœur de Parc qu’en aire maritime adjacente : entre La Garde et Ramatuelle. Les petits fonds côtiers (entre 0 et 5 m de profondeur) du continent et des îles sont prospectés et étudiés dans différentes stations réparties sur ce linéaire côtier.

Les objectifs du programme BABYCROS sont :

  • d’améliorer les connaissances sur le peuplement de poissons juvéniles présent sur la côte et les îles à partir d’une caractérisation des habitats de nurserie favorables à ces espèces le long du littoral ;
  • localiser et caractériser (espèces/peuplement, type d’habitats, saison, etc.) les zones de nurserie ;
  • fournir une cartographie ‘de sensibilité’ des habitats de nurserie.

Ce travail a pour objectif d’alimenter la réflexion du Parc national, des Comités régional et départemental des pêches et des prud’homies de la zone et de contribuer à une meilleure connaissance des Zones Fonctionnelles Halieutiques en vue d’une protection et d’une co-gestion de celles-ci. Le programme BABYCROS bénéficie d’un soutien financier du FEAMP GALPA GALICA et de la région SUD.

BABYCROS : recherche des habitats potentiels de nurserie pour les poissons dans les petits fonds de l’aire maritime adjacente du Parc national de Port-Cros

Les petits fonds côtiers sont caractérisés par une mosaïque d’habitats et des conditions physico-chimiques (température, salinité, lumière, hydrodynamisme) extrêmement contrastées selon les saisons et les sites et souvent peu étudiés entre 0 et 5 m de profondeur. Ces fonds sont le lieu privilégié de refuge et de croissance d’un grand nombre d’espèces de poissons au stade juvénile. Leur séjour près du bord, à faible profondeur est rendu possible par des conditions d’habitat et d’environnement particulières et favorables à une période donnée, qui leur confèrent la fonction de nurserie pendant une durée variable, selon les espèces, de quelques semaines à quelques mois.

A partir d’une exploration systématique des principaux habitats représentés entre 0 et 5 m de profondeur : herbier de posidonie, sable, roche infralittorale, galets etc., de la cartographie des habitats benthiques de ces petits fonds et de nouvelles explorations sur le terrain, une recherche et une caractérisation des habitats potentiels de nurserie peuvent être faites sur le territoire de l’aire maritime adjacente du Parc national de Port-Cros incluant les cœurs de Parc.

Le rôle fonctionnel de nurserie des petits fonds côtiers du territoire du Parc national est exploré à partir de recensements visuels des juvéniles de poisson par comptages en plongée libre ou en scaphandre autonome (transect, quadrat). Dans ce vaste territoire, les sites présentant des caractéristiques optimales sont visités, les espèces sont identifiées, les juvéniles dénombrés et leur taille estimée à 5 mm près. A chaque station, les paramètres abiotiques et biotiques de l’habitat sont relevés : profondeur, rugosité, pente, température, salinité, couverture végétale. L’échantillonnage sera réalisé entre Carqueiranne et Ramatuelle dans le courant du mois de juin, qui est une saison de présence de nombreuses espèces au stade juvénile dans les petits fonds côtiers. Les sites et les habitats dans ces sites les plus sensibles et où les juvéniles sont le plus abondants, à cette saison, seront localisés.

Cartographie, fonctionnalités de nurserie et de protection contre l’érosion côtière des récifs de posidonie, vulnérabilité face aux changements globaux – CANOPé

Les récifs de posidonie sont des bioconstructions considérées comme de vrais monuments naturels des côtes Méditerranéennes. Ils sont cependant peu connus : leur nombre, leur répartition, leur état de conservation et les fonctions écologiques qu’ils remplissent ont été peu étudiés. Leur localisation dans des zones peu profondes et abritées les rend très vulnérables au changement global et en particulier au développement des activités humaines sur le littoral.

Le projet CANOPé est un projet pluridisciplinaire englobant les domaines de la cartographie, de la biologie, de l’écologie et de la géoscience. Ses objectifs sont de réaliser un inventaire et une cartographie exhaustive de ces récifs sur le littoral français, de déterminer leur état de conservation, d’améliorer les connaissances sur leur fonction de nurserie pour les poissons côtiers, de déterminer leur rôle contre l’érosion côtière et d’évaluer leur vulnérabilité face aux changements globaux.

Ce projet comporte deux échelles de travail :

  • une approche générale pour la cartographie, la typologie, l’état de conservation et la vulnérabilité des récifs de posidonie;
  • une approche locale sur quelques sites ateliers afin d’étudier leur fonction de nurserie et leur rôle contre l’érosion côtière.

Les résultats de ce programme feront l’objet de présentations lors d’un colloque organisé par le GIS Posidonie sur les structures bio-construites en Méditerranée. A la fin du programme, un ouvrage de synthèse comprenant un atlas complet des récifs de posidonie de la côte méditerranéenne française regroupera l’ensemble des connaissances et des résultats concernant ces configurations particulières de l’herbier de posidonie méditerranéen.

Le projet CANOPé dure 3 ans et se terminera en mai 2020.

 

 

Adrien Lyonnet

Des récifs de posidonie en Méditerranée française

Peu de gens le savent, mais en Méditerranée il existe des formations bio-construites à partir d’une plante, la posidonie, qui jouent un rôle écologique et de protection de la côte équivalent à celui des récifs coralliens. Les formations récifales de posidonie sont des structures morphologiques particulières des herbiers de posidonie. Dans les baies calmes et abritées, l’herbier, au cours du temps, et simultanément à la montée lente du niveau marin et de la matte sous-jacente, a pu se développer très près de la surface pour former des récifs barrières de posidonie. Il s’agit d’une formation construite par l’herbier dont la partie proximale des feuilles émerge de la surface, au moins à marée basse, en particulier au printemps et au début de l’été, lorsque la longueur de la feuille est à son maximum. Ces récifs sont considérés comme de véritables monuments patrimoniaux naturels. Ils font actuellement l’objet d’un recensement sur les côtes françaises par le GIS Posidonie.

Elodie Rouanet

Pêches scientifiques dans les salins d’Hyères – NURSERHY

 Les anciens salins d’Hyères (Var, France) abritent un complexe lagunaire d’environ 355 ha. Les enjeux de conservation au sein de ces salins sont nombreux (avifaune, flore, ichtyofaune, etc.). Les salins sont divisés en deux sites présentant un fonctionnement différent :

  • Le salin des Pesquiers au Sud de la ville d’Hyères.
  • Les vieux salins, à l’Est de la ville d’Hyères.

Le programme NURSERHY a pour but de recenser les juvéniles de poisson présents dans les étangs des anciens salins d’Hyères et de mieux comprendre  leur fonctionnement de lagune et de nurserie, notamment pour les espèces dont une partie du cycle de vie dépend de cette phase dans les habitats des étangs littoraux. Les résultats de ces inventaires  est de proposer des mesures de gestion hydraulique en faveur de la circulation des poissons et de meilleurs échanges entre la mer et les étangs.

Les pêches scientifiques ont été réalisées dans les vieux salins et dans le salin des Pesquiers au printemps et à l’automne 2018, dans une vingtaine de stations dans le but de déterminer quelles espèces sont présentes et en quelle quantité. Ces pêches, dont la méthodologie vise à capturer en priorité des juvéniles, ont permis également de récolter de nombreux adultes d’espèces de petite taille comme l’athérine et quelques adultes (anguilles et espèces marines). 

Les pêches ont été réalisées en collaboration avec des pêcheurs professionnels de la prud’homie de Giens et des Salins. Durant ces pêches 3 techniques ont été utilisées : le verveux, la senne de plage et le haveneau. Les captures ont fait l’objet de mesures biométriques telles que le nombre, la taille et la biomasse pour chacune des espèces présentes dans les échantillons. L’utilisation de plusieurs techniques a permis d’accéder aux différents sites et de collecter le plus d’individus et d’espèces représentatifs du milieu étudié.

 

Etude et restauration des salins d’Hyères en tant que socio-écosystème lagunaire: vers une restauration de la continuité écologique et de la fonction de nurserie des salins – SALSA

Le littoral autour de Hyères (Var, France) a connu de nombreuses modifications depuis l’antiquité du fait de l’exploitation du sel. Cette exploitation s’est arrêtée en 1995. Les anciens salins abritent maintenant un complexe lagunaire d’environ 355 ha sur les 900 ha de salins. Les enjeux de conservation au sein de ces salins sont nombreux (avifaune, flore, ichtyofaune, etc.). La conservation des fonctions écologiques de ces anciens salins est au cœur des mesures de gestion du site, néanmoins le compartiment aquatique est aujourd’hui défavorisé par une gestion hydraulique complexe et coûteuse.

 

Le projet SALSA a pour but d’acquérir des informations sur l’écosystème lagunaire et de mieux comprendre le fonctionnement des salins par une approche écosystémique. Des pêches expérimentales seront réalisées en 2019 pour évaluer le peuplement de poissons juvéniles et une enquête historique menée en 2018 a permis de retrouver l’histoire du fonctionnement passé de la pêcherie des salins. Ces objectifs ont été mis en place dans le cadre d’une demande d’accompagnement scientifique des gestionnaires pour considérer au mieux l’ensemble des enjeux piscicoles dans les mesures de gestion/restauration.

Les salins sont divisés en deux zones distinctes :

  • Le salin des Pesquiers au Sud de la ville d’Hyères.
  • Les vieux salins, à l’Est de la ville d’Hyères.

Plusieurs scénarios de gestion/restauration seront élaborés avec les gestionnaires des sites : le Conservatoire du Littoral, Toulon Provence Méditerranée, le Parc national de Port-Cros, grâce à la mise en place de groupes de travail ‘connaissance’ et ‘gestion’. Le travail de mise en relation des connaissances avec les problématiques de gestion vise à une meilleure prise en considération du compartiment aquatique dans le nouveau plan de gestion des salins d’Hyères. Des tests de mise en œuvre opérationnelle seront faits en 2019 en agissant sur la circulation de l’eau dans les salins et en testant la faisabilité d’un éclusage des poissons aux périodes d’entrée/sortie dans les étangs. Ce projet d’une période de 3 ans a commencé en octobre 2017 et se terminera en mars 2020 par un colloque dédié à la gestion écosystémique.

Adrien Lyonnet 

Etude de la fonctionnalité de nurserie de l’étang de Berre et évaluation d’un besoin de restauration écologique – JUVABERRE

L’industrialisation du pourtour de l’étang de Berre (Bouches du Rhône, France) au cours du XXème siècle a conduit à une profonde modification de cet écosystème lagunaire. Une des principales modifications observées a été la régression extrêmement importante des herbiers à magnoliophytes (zostères) présents dans l’étang. Ces herbiers occupaient 8000 ha en 1916, il n’y en avait plus que 1.2 ha en 2009. En 1994, puis en 2004, dans le cadre du plan Barnier, une régulation des rejets d’eaux douces de la station hydro-électrique de Saint-Chamas a été mise en place. Cette mesure a eu pour effet d’en limiter les impacts sur les différents habitats de l’étang. Entre 2009 et 2010, le projet ICHTYOBERRE (inventaire par pêches scientifiques) a permis de montrer que le peuplement en poissons est principalement dominé par des espèces sédentaires, dont des juvéniles d’espèces dont le cycle de vie s’accomplit partiellement en milieu lagunaire (anguilles, loups, dorades, muges). Ces dernières années de nombreux juvéniles ont été observés dans l’étang de Berre.

Ces observations ont inspiré le montage du programme JUVABERRE. Ce programme a pour objectif de réaliser des recensements de juvéniles dans les différentes catégories d’habitats présentes dans les petits fonds du pourtour de l’étang de Berre. Des recensements seront également faits sur des habitats artificiels en acier et en bois utilisés en tant qu’unités d’observation standardisée dans différentes lagunes méditerranéennes. Il s’articule autour de 3 axes de travail :

  • Evaluer la présence de juvéniles dans les différents habitats d’un point de vue qualitatif et quantitatif;
  • Comparer ces résultats et la qualité de nurserie de l’étang de Berre par rapport à d’autres lagunes méditerranéennes;
  • Proposer une stratégie d’optimisation de la fonctionnalité de nurserie de l’étang.

Les résultats de ce projet permettront d’apporter des éléments de compréhension quant au potentiel de l’étang de Berre à contribuer au maintien et au renouvellement des peuplements de poissons côtiers. L’évaluation de cette fonction de nurserie apparaît également comme étant un bon moyen d’évaluer l’état global du milieu ainsi que sa réhabilitation.

Ce projet qui a démarré au printemps 2018, se terminera à la fin de l’année 2019.

Adrien Lyonnet

Mise au point d’un protocole d’évaluation de l’état de conservation du Détritique Côtier au sein du Parc national de Port-Cros

Depuis 2012, le territoire maritime du Parc national de Port-Cros (PNPC) représente près de 127 000 ha (cœurs de parc et aire marine adjacente). Dans ce contexte et dans le cadre de son activité scientifique, le PNPC s’intéresse particulièrement aux fonds de Détritique Côtier (DC). Cet habitat plus ou moins sableux constitué de débris coquilliers et organogènes plus ou moins colmatés se situe dans l’étage circalittoral entre 30 et 80 mètres de profondeur. Le DC peut présenter des associations à Corallinales libres (incluant le “maërl”) s’établissant généralement sous un régime de courants de fond relativement continus et unidirectionnels. Il est moins connu que les habitats rocheux de l’infralittoral ou du circalittoral (par ex. le coralligène), car difficile d’accès et moins prisé par les plongeurs. Il s’agit pourtant d’un habitat jouant un rôle fonctionnel primordial et significatif qui contribue à l’ensemble de la zone côtière. Pour répondre au besoin d’évaluer l’état de conservation du DC, le ‘BioCube’, un dispositif permettant la prise de photographies standardisées (photo-quadrats) et de vidéos au moyen d’une cage de 80 cm de côté et de 100 cm de haut a été conçu. L’intérêt d’un quadrat de grande taille est d’augmenter les chances d’observation d’espèces rares ou isolées, telles que les pennatulaires, les grands hydraires, ou encore les grands macrophytes dressés comme les cystoseires. Avec un objectif de comparaison de méthodes ‘traditionnelles’ et automatisées, ces images ont ensuite été traitées selon 2 méthodes visuelles (diagramme de fréquence et nuages de points aléatoires), et 2 méthodes automatisées (classification, analyse fractale et hétérogénéité spatiale). Ces méthodes permettent de caractériser le DC selon plusieurs descripteurs tels que la nature du substrat, la diversité taxonomique, le taux de recouvrement des fractions biotiques et abiotiques, la rugosité (à travers la dimension fractale), etc. En parallèle, des prélèvements en plongée scaphandre ont permis d’actualiser l’inventaire de macrophytes et d’évaluer la richesse spécifique des sites étudiés, ainsi 108 taxons ont été identifiés. Globalement, l’état de conservation du Détritique Côtier du Parc national de Port-Cros est excellent. Le contexte insulaire, ou d’apports continentaux réduits, favorise la transparence de l’eau et en conséquence le développement d’une diversité importante de macrophytes. Les fonds les plus remarquables s’observent autour de Port-Cros et dans une moindre mesure au Levant et à Porquerolles.

Référence : GOUJARD A., ROUANET E., ASTRUCH P., BERTHIER L., PETERCA A., HARMELIN, J.G., VERLAQUE M., THIBAUT T., 2016. Programme SYMBIOSIS. Mise au point d’un protocole d’évaluation de l’état de conservation du Détritique Côtier du Parc national de Port-Cros. Rapport final. GIS Posidonie publ. 69 p + 1 annexe.

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Exploration d’habitats profonds dans la zone RAMOGE

L’objectif principal de l’Accord RAMOGE est de coordonner les actions des Etats français, italien et monégasque en matière de préservation des eaux du littoral méditerranéen. Dans la zone de compétence de RAMOGE, très proche de la bande littorale, il existe des roches profondes et des canyons mal connus. Dans ce contexte, l’Accord RAMOGE a élaboré cette campagne d’exploration des roches profondes et des canyons afin de mieux connaitre ces profondeurs peu connues. C’est sans doute la première fois que trois pays méditerranéens collaborent ainsi pour travailler ensemble sur des écosystèmes profonds de Méditerranée.

La campagne d’exploration des habitats profonds s’est déroulée du 16 au 23 aout 2015 entre San Rémo et Cogolin. Les moyens à la mer et d’exploration utilisés ont été ceux de l’ISPRA. Les explorations ont eu lieu à partir du navire R/V ASTREA (23 m de long) qui a permis à plusieurs équipes scientifiques d’embarquer durant toute la campagne. Le navire est équipé d’un sonar multifaisceaux (EM 2040 Kongsberg) qui permet d’obtenir une image de la topographie du fond jusqu’à environ 350 m de profondeur. Ces images du fond ont permis de décider de l’endroit le plus pertinent pour effectuer les explorations avec le ROV Polluce III (Remote Operated Vehicle, robot télé-opéré). Ce ROV est équipé d’une caméra HD Sony, d’un appareil photographique Canon EOS 550 et d’une caméra de navigation.

Au total, plus de 21 km ont été explorés, entre 52 et 462 m de profondeur. 193 taxons ont été identifiés, dont 122 jusqu’au rang de l’espèce. Les macro-déchets, en particulier les engins de pêche ont été recensés. Pour chaque plongée, différentes observations ont été relevées, tels que la nature du substrat, la présence de macro-déchets, l’observation d’espèces, de faciès, etc. Toutes ces observations ont ensuite été géoréférencées.

 Ce récit cartographique présente, pour les 5 sites, l’ensemble des plongées réalisées durant cette campagne d’exploration, ainsi que les espèces et les engins de pêche associés. Des cartes, photos et vidéos illustrent chaque site.

 Bonne navigation !

 Cliquer sur l’image pour ouvrir la Story Map.Story_Map_RAMOGE

Référence de l’étude scientifique : Fourt M., Goujard A.,Canese S.P., Salvati E., Tunesi L., Daniel B., Vissio A., 2015. Rapport de la campagne océanographique “RAMOGE Exploration canyon et roches profondes 2015”. Accord RAMOGE – Agence des aires marines protégées. 81 p.

Application d’un modèle 3D pour la biologie marine dans le canyon de Cassidaigne

Situé à 200 m de profondeur, le ‘pic rocheux’ du canyon de Cassidaigne a été modélisé en 3 dimensions. Ce ‘hot-spot’ de biodiversité est un site spectaculaire où se mêlent les espèces du circalittoral et du bathyal. L’intérêt de la modélisation 3D est d’effectuer un archivage visuel d’un site difficile d’accès et d’établir une micro-cartographie des espèces benthiques sessiles.

Découvrez le poster du GIS Posidonie présenté lors du colloque MerIgéo qui s’est déroulé du 24 au 26 novembre 2015 à Brest, organisé par l’Ifremer, l’Agence des aires marines protégées et le SHOM.

Poster_Goujard