Cet article fait partie d’une grande série sur le thème des végétaux, peuplements et paysages marins menacés de Méditerranée. L’ensemble de ce travail a été publié en 1990 sous la forme d’un ’Livre Rouge’ dans les Séries techniques du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (voir référence complète ci-dessous).

Structure et dynamique

Diverses associations dominées par des espèces de Cystoseira inféodées aux milieux calmes de l’infralittoral supérieur ont été décrites en Méditerranée. On distingue en particulier le Cystoseiretum crinitae, le Cystoseiretum balearicae et le Cystoseiretum caespitosae inféodés aux premiers mètres de l’étage infralittoral et le Cystoseiretum sauvageauanae qui se rencontre jusqu’à 10 m de profondeur. Leur structure ressemble beaucoup à celle des peuplements à Cystoseira mediterranea, avec une strate arborescente constituée par Cystoseira, une strate arbustive, une strate épiphyte et une couverture basale encroûtante. La dynamique de ces Cystoseiretum varie selon l’espèce et selon la localisation géographique, mais on distingue toujours un cycle annuel bien marqué, avec une phase de développement des rameaux de l’espèce principale et une phase de sénescence.

Distribution géographique

Le Cystoseiretum crinitae est répandu dans toute la Méditerranée. Le Cystoseiretum balearicae a été décrit en Corse (France) par VERLAQUE (1987), et est aussi présent aux Baléares (Espagne). Le Cystoseiretum caespitosae, selon BALLESTEROS (1984), est propre aux Pyrénées-Orientales (France) et à la Costa Brava (Espagne). Le Cystoseiretum sauvageauanae (GIACCONE, 1972) se développe dans le centre de la Méditerranée occidentale (Corse, Sicile, Baléares, sud-est de l’Espagne).

Menaces

Ces peuplements sont très sensibles à la pollution et une substitution progressive de ceux-ci par des peuplements à espèces plus résistantes ayant une répartition écologique plus large est observée  : Padina pavonica, Stypocaulon scoparium, etc. Le surpâturage par les oursins peut avoir des effets très négatifs sur ces peuplements à Cystoseira, jusqu’à les faire disparaître totalement si la densité des populations est trop importante. La régénération de ceux-ci est lente, plusieurs années peuvent ainsi s’écouler avant que le Cystoseiretum ne réapparaisse (VERLAQUE, 1987).

Cet article est issu d’un travail réalisé pour le Programme des Nations Unies pour l’Environnement et l’IUCN par les GIS Posidonie en Collaboration avec de nombreux chercheurs méditerranéens et publié sous le titre : Livre Rouge “Gérard Vuignier” des végétaux, peuplements et paysages marins menacés de Méditerranée. 250p. Par BOUDOURESQUE C.F., BALLESTEROS E., BEN MAIZ N., BOISSET F., BOULADIER E., CINELLI F., CIRIK S., CORMACI M., JEUDY DE GRISSAC A., LABOREL J., LANFRANCO E., LUNDBERG B., MAYHOUB H., MEINESZ A., PANAYOTIDIS P., SEMROUD R., SINNASSAMY J.M., SPAN A., VUIGNIER G., 1990. MAP Technical Reports Series N°43, UNEP, Athens, PNUE, IUCN & GIS Posidonie.