NAUCRATES : les suivis ont démarré

Après la phase de prototypage de l’hiver dernier, nous avons récemment déployé les dispositifs NAUCRATES sur les bouées des deux réserves du Parc Marin de la Côte Bleue

Au cours de leurs premières plongées, le GIS Posidonie et le MIO ont relevé la présence des premiers occupants, famille des Centrolophidae (espèces caractéristiques des objets flottants).

Les suivis (en plongée et vidéo) sont réalisés sur l’ensemble des bouées a minima une fois par mois pendant une année. Ils visant notamment à évaluer la plus-value écologique des dispositifs NAUCRATES.

A suivre…

 

Etude et caractérisation de la fréquentation maritime et de son impact sur l’herbier de posidonie, le peuplement de poissons et le balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus) dans la réserve marine de Scandola (Corse) – INTERREG GIREPAM

Les aires marines protégées, telles que la réserve naturelle de Scandola (Corse), sont confrontées à des enjeux de gestions importants. Ces enjeux concernent des zones géographiques abritant des habitats et des espèces avec un fort intérêt biologique mais également patrimonial. Ce faisant les gestionnaires de ces réserves ont un réel besoin de connaissance sur les usages pratiqués dans la zone. Le maintien et/ou le développement des usages doit se faire en prenant en compte la biodiversité ainsi que l’exploitation des ressources halieutiques si on veut qu’ils soient durables. L’évaluation de la fréquentation d’un site permet de qualifier, et de quantifier, les pressions engendrées sur les différents habitats pour chacun des usages. Cela permet de les intégrer du mieux possible dans les plans de gestions. 

Cette étude réalisée avec le Parc Naturel Régional de Corse, dans le cadre du programme européen INTERREG GIREPAM, a pour objectif principal :

  • De fournir des données à différentes échelles spatiales et temporelles sur la fréquentation de la réserve naturelle de Scandola (Corse). Cela sera permis par l’utilisation croisée de différentes méthodes d’évaluation de la fréquentation;
  • D’évaluer les impacts potentiels à partir de différents descripteurs mesurés sur les communautés pouvant être impactées. Cette évaluation sera faite à l’aide de plusieurs métriques et indicateurs. Les communautés concernées sont : l’herbier de posidonie, les peuplements de poissons et la population de Balbuzard pêcheur présent dans la réserve.

Le recoupement de l’ensemble des informations collectées permettra d’évaluer au mieux les pressions liées à la fréquentation dans la réserve naturelle de Scandola.

Ce projet commencé en 2018 a une durée de 2 ans et se terminera fin 2019.

Adrien Lyonnet

Echantillonner par pêche, échantillonner avec les pêcheurs

Depuis 2000, le GIS Posidonie travaille en partenariat avec les pêcheurs dans les aires marines protégées de Méditerranée. Ce travail revêt 3 aspects :

  • les pêches scientifiques : réalisées le plus souvent dans le cadre de suivis scientifiques des peuplements de poissons et de macro-invertébrés;
  • les embarquements : qui consistent à accompagner les pêcheurs artisans dans leur activité de pêche journalière;
  • les enquêtes/entretiens et échanges d’information informels (à la vente, sur les quais) : qui permettent de collecter des données qualitatives ou semi-quantitatives de perception et de contexte, d’échanger sur la ressource et les modes de gestion.

Travailler avec les pêcheurs permet d’accéder à d’autres modes d’échantillonnage des peuplements côtiers que l’observation directe en plongée ou la pêche scientifique à partir d’un navire océanographique. Cela permet de collecter des données sur les peuplements et les captures : espèces, taille, biomasse, d’observer du proche milieu côtier que l’on peut aussi observer en plongée et des espèces qui vivent plus en profondeur, plus difficiles à rencontrer.

L’un des aspects les plus intéressant de ce travail de suivi d’espaces protégés réalisé en commun est le partage de la connaissance sur les espèces, en particulier sur les comportements et les traits de vie. Cet échange est également fructueux sur le plan de la réflexion à apporter sur la gestion et sur les améliorations possibles grâce à une meilleure connaissance des usages, des pratiques et de la ressource.

Le GIS Posidonie a récemment réalisé des pêches scientifiques :

  • pour le suivi du peuplement de poissons du Parc national des Calanques en 2014 et 2017;
  • pour le suivi du peuplement de poissons du cantonnement de Beauduc en 2014 et 2018.

Le GIS Posidonie a réalisé une série d’embarquements saisonniers sur des navires de pêche aux petits métiers en partenariat avec le Parc national de Port-Cros et les pêcheurs des prud’homies du Lavandou, des Salins et de Toulon-section de Giens à l’automne 2015, au printemps 2016 et l’été 2017.

Le GIS Posidonie a mis en place en partenariat avec le Parc national de Port-Cros et les pêcheurs qui adhèrent à la charte de pêche de Port-Cros un agenda de pêche et un suivi de l’effort de pêche depuis 2000.

Le GIS Posidonie a mis en place avec le Parc naturel régional de Corse et la réserve de Scandola un suivi de l’effort de pêche avec des embarquements saisonniers espacés de plusieurs années avec les pêcheurs professionnels de la zone depuis 2000 également.

Pour plus d’information et d’images :

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Récifs artificiels de la baie du Prado à Marseille : le suivi de la faune benthique

La colonisation des récifs artificiels de la baie du Prado par les organismes benthique sessiles et vagiles est sous haute surveillance. A chaque retour saisonnier sur le site la diversité augmente avec la durée d’immersion des récifs. Les effectifs des macro-invertébrés sont plus importants et des différences liées au type de modules sont constatées. Le suivi de la colonisation des parois au travers de quadrats photographiques permanents confirme des schémas de colonisation et des fluctuations saisonnières liées au cycle biologique des espèces.

L’augmentation du nombre d’espèces observées est l’un des indices qualifiant la colonisation des nouveaux habitats qu’offrent les récifs immergés dans la baie du Prado. Cette augmentation reflète également une maturation des assemblages spécifiques.

Les espèces sessiles se sont rapidement installées sur les récifs puisque elles sont observées à chaque campagne de suivi. Néanmoins, certaines d’entre elles sont apparues tardivement et ne se développent qu’à partir de la troisième année du suivi.

Le type de module joue un rôle important pour l’installation et la colonisation des espèces. Les modules de type panier-acier sont des structures complexes et offrent une diversité d’habitats propice à la colonisation d’un grand nombre de taxons. A l’inverse, les modules de type chicane ou filière, qui sont des structures simplifiées sans grande diversité d’habitats, abritent une plus faible diversité de macro-invertébrés.

La colonisation des récifs par les groupes de macro-invertébrés considérés pour cette étude se fait de façon progressive avec une augmentation constante des effectifs avec la durée d’immersion des récifs.

Les ascidies et les bryozoaires sont les groupes taxonomiques dominants. Les ascidies, composées en grande partie par Halocynthia papillosa, sont présentes essentiellement sur les modules de type amas et fakir dans les parties semi-obscures entre les amas de cube. Toutefois depuis l’été 2010, cette espèce est observée sur les parties exposées des parois où sont positionnés les quadrats permanents. Les colonies de bryozoaires, composés majoritairement de Pentapora fascialis et Turbicellepora avicularis, sont observées sur les arrêtes des amas de cubes, les poutres en acier et les cordages des filières. Leur taille augmente également et il n’est pas rare de trouver de grosses colonies décrochées de P. fascialis qui jonchent le substrat autour des récifs, alimentant le sédiment détritique. Les autres groupes taxonomiques comme les crustacés, les bivalves ou les échinodermes sont moins prépondérants.

Le suivi de la colonisation des parois des récifs au travers de quadrats permanents permet d’apprécier l’augmentation de nombre de taxons observés et la complexification des assemblages benthiques qui se mettent en place en lien avec l’augmentation de la durée d’immersion des récifs.

La morphologie propre à chaque type de module joue un rôle majeur dans les schémas de colonisation des organismes benthiques sessiles sur les parois des récifs. Les modules de type amas qui sont très ajourés apparaissent plutôt favorables au développement des macrophytes et des ascidies coloniales au moment de son stade pionner. Inversement les modules de type chicane, qui procurent des habitats semi-obscurs sur les parois, sont propices au développement des porifères. Ainsi, un module hétérogène avec des zones ajourées et ombragées comme le module de type panier-acier présente une plus grande diversité dans les assemblages sans domination d’un groupe taxonomique. Enfin, l’ajout de composantes à la structure comme les poutres en béton (module de type fakir) modifiant les conditions de luminosité et de micro-circulation des eaux n’apparaît pas propice à la colonisation et au développement de nouveaux taxons d’après l’étude des quadrats photographiques permanents. Néanmoins, cette composante créée des failles propices à l’installation de la faune vagile.

Elodie Rouanet